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- Armand Marco et, derrière lui, Alain Levent, Caméflex à la main
- sur le tournage de La Bande à Bonnot de Philippe Fourastier en 1969
© Photo Raoul Foulon
En 1966, il me proposa d’intégrer son équipe sur le film de Philippe Fourastié Un choix d’assassins. Commença alors une collaboration sur une quinzaine de longs métrages jusqu’en 1971.
Cette période particulièrement faste nous permit de nous rapprocher en enchaînant des expériences toutes différentes : Objectif 500 millions (Pierre Schoendoerffer), Lamiel (Jean Aurel), Loin du Vietnam et Evangile 70 (Jean-Luc Godard
Voir Jean-Luc Godard dans l’index
), Les Gauloises bleues (Michel Cournot), La Bande à Bonnot (Philippe Fourastié), L’Amour fou (Jacques Rivette
Voir Jacques Rivette dans l’index
), Mon oncle Benjamin (Edouard Molinaro), Le Mur de l’Atlantique (Marcel Camus), Franz (Jacques Brel)...
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- Alain Levent menotte Armand Marco
- sur le tournage de Sabra : La mort d’un Juif de Denys de la Patellière en 1970
© Photo Jacob Agor
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- Alain Levent, Arri II C à la main, et Armand Marco
- sur le tournage de Sabra : La mort d’un Juif de Denys de la Patellière (derrière eux, Akim Tamiroff)
© Photo Jacob Agor
Alain était de quelques années mon aîné, cette jeunesse commune facilita notre rapprochement et notre complicité. Il savait vous rendre responsable en accordant sa confiance.
A ses côtés, j’ai appris un principe essentiel pour l’exercice de notre métier : trouver sa juste place sur un plateau, en s’affirmant sans empiéter sur le travail des autres.
Fils du chef opérateur Pierre Levent, après une sérieuse formation au laboratoire G.T.C, il fut l’assistant d’Henri Decae, Jean Penzer
Voir Jean Penzer dans l’index
, Nicolas Hayer et de Jean Rabier, sur les premiers films de la Nouvelle Vague.
Doté d’une grande rapidité d’analyse qui lui permettait de faire vivre un décor en installant une lumière qu’il voulait avant tout efficace, sans effets superflus, et d’une extrême dextérité au cadre, où les manivelles semblaient faire corps avec ses mains, il participait pleinement à la mise en scène du film. Rarement il abandonna la conduite de la caméra, qui permet de décider ce qui est important de voir vivre et qui nourrit l’image. De là il contrôlait le champ et organisait le cadre du plan.
Souvent, comme pour mieux se convaincre de sa démarche, il me disait : « Ce qui est excitant dans la mise en lumière d’un lieu, c’est qu’en choisissant l’importance de l’ombre et de la lumière, on révèle les centres d’intérêt dramaturgiques qui aideront à raconter l’histoire. C’est le seul trajet que l’on doit trouver et suivre quand on éclaire un décor ».
Il adorait également s’imposer des contraintes en prenant des risques. Je me souviens l’avoir vu éclairer un décor de nuit avec une seule source parce qu’il s’était mis au défi de le réussir.
Il aimait passionnément le métier de metteur en image et avait acquis une grande culture cinématographique, en fréquentant assidûment les salles de cinéma. Il vouait une réelle admiration aux grands opérateurs italiens.
Alain était un hyper actif qui ne cessa de pratiquer son métier avec une égale passion entre le cinéma et la télévision. Nos routes se séparèrent, mais notre amitié subsista.
Ces dernières années, tout en continuant à exercer son métier avec une égale passion, il était mu par le désir de continuer à tracer à ses jumeaux, Marie et Martin, le chemin à suivre.
« Merci Alain de m’avoir permis de développer à tes côtés mon désir d’image et peu à peu de m’avoir conduit à prendre la responsabilité d’exercer le merveilleux métier de directeur de la photographie. J’ai beaucoup aimé travaillé avec toi. »
Toutes mes pensées vont à Ariane son épouse, à Judith, Marie et Martin ses enfants.


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