Et de la préparation jusqu’à nos différents allers-retours à Berlin, nous avons très bien collaboré ensemble. Tu m’as (presque) tout expliqué ce qu’était le relief pour toi et j’avais à peu près l’impression d’avoir compris ce que tu souhaitais que je comprenne pour notre travail en commun (...)
Sur le tournage, tu as été respectueux de mon travail, jugeant que la lumière de Pina te paraissait juste, tu m’as même dit que tu l’avais trouvée « plutôt très réussie » lorsque nous revenions des finitions, dans le train de nuit entre Berlin et Paris.
Tu n’aimais pas trop les aéroports, prétextant que tu perdais ton temps à attendre, et que cela était trop impersonnel comme genre d’endroit... pour moi, c’était juste parce que je n’aimais pas l’idée de prendre l’avion. Mais avec toi sur Air Berlin, tout allait bien, car tu m’expliquais pourquoi là, l’avion « remettait les gaz », pourquoi là on avait atterri un peu brusquement... Nous avions implicitement décidé que notre moyen de transport pour nos allers-retours en Allemagne serait le train.
Nous avions pris l’habitude de nous prendre une couchette " en duo ". Je dormais en haut et toi en bas. Aussi parce que tu m’expliquais que tu n’étais pas « un gros dormeur ». Nous parlions beaucoup, de plein de choses... toujours avec une petite bouteille de vin du wagon restaurant (...). Que tu détestais les banques, que tu préférais garder l’argent dans ta poche, que tu détestais les compagnies d’assurances particulièrement pour ton atelier à la campagne, que tu n’aimais pas les arrivistes, les gens dans ce métier qui « te poussent pour prendre ta place », que tu n’avais pas peur de la mort, que tu détestais les hôpitaux et les médecins. De ton accident d’avion également, tu en as beaucoup parlé, que tu te considérais déjà comme « un rescapé », et des films à effets spéciaux, avec des prises de vues aériennes, des films également où tu avais été reporter et du fait, aussi, que tu ne faisais plus partie de l’AFC... Et de tout le respect que tu avais pour Wim, que tu considérais comme « un grand »...
Nous plaisantions sur le fait que tu avais des épais sourcils, et que j’étais plus grande que toi de taille, et j’ai compris que tu étais très attaché à ton écharpe jaune, que tu quittais rarement.
Et je pense qu’une des choses qui comptaient le plus pour toi, c’est que le relief puisse continuer au cinéma, que le groupe que tu as formé puisse en faire un vrai métier, qu’il puisse continuer à travailler dans le sillon de ce que tu leur avais appris, pas un « relief à la Walt Disney », mais « un vrai relief » comme tu l’avais toujours imaginé.. je pense ainsi à Joséphine, à Thierry, à Hugo et à Jean bien sûr...
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L’écharpe jaune d’Alain...
Par Hélène Louvart, AFC
vendredi 6 avril 2012
Alain,
Nous avons travaillé ensemble sur Pina de Wim W. ... un projet qui n’était pas une mince affaire... Tu étais responsable, avec François Garnier, de la 3D et moi du cadre et de la lumière.
Et lors de notre première rencontre à Wuppertal, au petit déjeuner, tu as tout de suite été très clair avec moi : tu ne voulais pas faire l’image du film... tu t’occuperais du relief, et moi du reste... me précisant tout de même que cadrer en relief, c’était très différent de la 2D, et que je devrais adapter la lumière aussi en fonction de ton travail... J’avais bien compris le message ce jour-là.
Nous avons travaillé ensemble sur Pina de Wim W. ... un projet qui n’était pas une mince affaire... Tu étais responsable, avec François Garnier, de la 3D et moi du cadre et de la lumière.
Et lors de notre première rencontre à Wuppertal, au petit déjeuner, tu as tout de suite été très clair avec moi : tu ne voulais pas faire l’image du film... tu t’occuperais du relief, et moi du reste... me précisant tout de même que cadrer en relief, c’était très différent de la 2D, et que je devrais adapter la lumière aussi en fonction de ton travail... J’avais bien compris le message ce jour-là.

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