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"Brexit : le cinéma britannique redoute une onde de choc"

Par Nicole Vulser

jeudi 7 décembre 2017 - Modifié le 8/12

Dans son supplément "Economie & Entreprise" des 3 et 4 décembre 2017, Le Monde a publié un article dans lequel Nicole Vulser, envoyée spéciale du quotidien à Londres, rapporte le fait que « les producteurs indépendants craignent que la création de films ne devienne plus difficile au Royaume-Uni, renforçant encore la domination d’Hollywood ».

Quelle influence aura le Brexit sur le cinéma britannique ? Rien de bon à en croire Jeremy Thomas, le légendaire producteur de Bernardo Bertolucci
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et David Cronenberg
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 : « Il apportera une période de forte incertitude, surtout au secteur indépendant », confie-t-il au Monde. Son confrère Iain Canning s’en plaignait récemment dans le Hollywood Reporter : « C’est une tragédie. Les projets de premier et deuxième films sont généralement montés grâce à des subsides européens. Ils seront plus difficiles à réaliser. » Des craintes unanimement partagées par les producteurs indépendants outre-Manche : 85 % des adhérents de l’association des producteurs de cinéma et de télévision britanniques (PACT) voulaient rester dans l’Union européenne, selon une enquête de cette organisation.

Le Brexit risque en effet de provoquer une onde de choc d’une grande violence dans l’industrie du cinéma britannique. L’aide à la création, les coproductions et la diffusion des films européens au Royaume-Uni vont vaciller. Au profit d’Hollywood, qui règne déjà quasiment en maître sur le septième art britannique et devrait resserrer encore son étau et sa domination.

Selon le British Film Institute (BFI), entre 2014 et 2016, le cinéma britannique a bénéficié de 57 millions de livres sterling (64,6 millions d’euros) d’aides d’Europe créative (l’ex-programme Media), se classant comme le deuxième bénéficiaire de ses largesses après la France. Cette manne européenne a, par exemple, permis aux producteurs britanniques de développer Moi, Daniel Blake, de Ken Loach, A United Kingdom, d’Amma Asante, Les Suffragettes, de Sarah Gavron, de distribuer 115 films britanniques en Europe ou de donner un coup de pouce à la diffusion dans 50 salles outre-Manche de films dits "européens", comme Mustang, de Deniz Gamze Ergüven, ou Elle, de Paul Verhoeven.

Une réduction des coproductions
Créer des films au Royaume-Uni, et surtout les financer, est déjà complexe. Bertrand Faivre, le seul producteur qui dispose de bureaux à Londres et à Paris et réalise chaque année, avec The Bureau, entre quatre et cinq films dans chaque pays, constate que « les trois piliers du financement du cinéma britannique – le BFI, la BBC et la chaîne Film4 – n’apportent guère plus de 50 millions de livres par an, à peine le tiers du budget annuel de Canal+ ».
La France et le Royaume-Uni sont liés aujourd’hui par un accord de coproduction signé en 1994 – et dont la révision n’est pas à l’ordre du jour. Les films reconnus comme binationaux bénéficient des soutiens publics des deux Etats. « Dans ce cadre, un film anglais rentre dans les quotas de diffusion ou de préachats de Canal+ sans empêcher le producteur français d’accéder à des aides financières comme le compte de soutien », détaille le producteur français Philippe Carcassonne
Voir Philippe Carcassonne dans l’index

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Nicole Vulser, Le Monde, samedi 2 décembre 2017

- Lire la suite de l’article sur le site Internet du Monde (accessible aux abonnés ou moyennant 2 euros).


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