EuroPalaces n’a en effet jamais caché son penchant pour la projection numérique mais reste, à ce jour, au stade des équipements tests. UGC, en revanche, continue de camper sur sa position : Guy Verrecchia sera le dernier à se lancer dans la course. Même retard à l’allumage du côté institutionnel où l’on continue à chercher la meilleure piste à suivre, plus d’un an après le rapport de Daniel Goudineau.
Résultat : non seulement Jocelyn Bouyssy est le premier exploitant français – et européen – à se lancer dans le tout-numérique mais il dessine aussi le premier modèle économique jouable dans l’Hexagone. Une mini révolution qui rappelle l’avènement des multiplexes déclenché, à Bruxelles, par Kinepolis. Une initiative qui, à l’époque, avait laissé sceptiques les circuits historiques français. On connaît la suite…
Le choix d’un tiers-investisseur européen apparemment capable d’adapter le modèle du Virtual Print Fee (VPF) aux besoins des exploitants et distributeurs européens pourrait bien faire école. D’ailleurs, Arts Alliance Media ne cache pas discuter déjà avec d’autres exploitants en France et vouloir équiper rien moins que 7 000 salles en Europe.
Reste un enjeu de taille. Le basculement au tout-numérique ne doit pas mettre en péril l’indispensable diversité de l’offre en films, défendue par les salles Art et essai et les distributeurs indépendants. On le sait, l’image commerciale colle à la peau de CGR et Jocelyn Bouyssy annonce vouloir passer des accords avec les distributeurs. Espérons qu’il ouvrira la porte aux indépendants tout autant qu’aux majors américaines. Ces dernières ne peuvent qu’être acquises à CGR, elles qui ont donné " l’assaut numérique " sur le parc américain.
(Sophie Dacbert, Le film français, 23 novembre 2007)


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