Chacun de ses films est un puzzle, un Sudoku ou des mots croisés, jeux dont il était féru. Dans ses tournages, seuls l’intéressaient les rapports entre les personnages.
Il choisissait les décors sur photos et plans. Ainsi il évitait d’être distrait par le lieu, alors que seul l’intéressaient les positions ou mouvements des personnages.
La lumière, le décor, les costumes n’étaient jamais une priorité.
Les tournages étaient toujours très précis et modestes en pellicule.
Le script était définitif, rigoureux, sans corrections ni modifications.
Chabrol travaillait avec des objectifs courts (18 à 28 mm). Je n’ai vu qu’une fois un 50 mm. Il faisait souvent des travellings très courts, moins d’un mètre et très précis.
Il avait pour principe de travailler dans le plaisir et la bonne entente et s’organisait implacablement dans ce but.
Bien que sachant précisément ce qu’il voulait de son film, il avait besoin et créait autour de lui une vraie grâce des rapports humains et une atmosphère de travail unique : gentillesse, humour permanent, non prise au sérieux de son personnage, convivialité, aisance et apparente facilité.
Cette caractéristique rare qui sautait aux yeux de tous ceux qui ont visité ses plateaux a été un cadeau inoubliable pour ceux qui collaborèrent à ses films.
Il était un homme bon.
Il me manque déjà.


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