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Histoire d’un secret

Photographié par

Hélène Louvart , AFC

Avec

Jean-Jacques Vautier, Thérèse Vautier, Isabel Otéro

Sortie : 15 octobre 2003

- Modifié le
« Marianna m’avait parlé depuis très longtemps de ce projet de documentaire, très intime pour elle et pour sa famille et dont le propos la révoltait tellement, qu’elle voulait et devait en faire un film.

Elle a toujours cadré ses propres films, comme par exemple La Loi du collège en 94 (6 fois 1 heure pour Arte), où elle avait réussi à me démontrer qu’un opérateur n’était absolument pas utile sur un documentaire. A l’époque, je n’avais pas eu trop d’arguments pour la contredire, elle m’avait un peu vexée, d’autant qu’elle cadre bien et que son point de vue d’image est toujours assez juste dans ses propres films ; alors, pourquoi vouloir lui prouver le contraire ? C’était peine perdue de toute façon... Mais un jour, elle me dit qu’elle aurait besoin de moi pour un film, un peu particulier. ...
Le sujet du film qu’elle avait en tête dépassait totalement le cadre d’un simple tournage qu’elle avait l’habitude de faire. Elle cherchait en moi son double, son alter ego, puisqu’elle allait elle-même être à l’image, dans des situations très imprévues, très intimes ; elle souhaitait également pour ce projet une lumière qui soit travaillée, avec des demandes d’ambiance assez précises sur chaque décor. Enfin elle me parlait de lumière, alors que c’était un paramètre qu’elle n’avait jamais évoqué sur ces films précédents.
J’étais pour elle devenue un peu indispensable...
Malheureusement pour moi, même si je pouvais maîtriser ses demandes techniques, son sujet m’affectait énormément. A chaque fois qu’elle m’en parlait, je me sentais, disons " fébrile ". Marianna souhaitait faire un film sur sa mère qu’elle a perdue à 4 ans et sa sœur 5 ans et demi. Le film tient sur l’explication de la disparition de sa mère liée à sa 3ème grossesse et sur le talent " hallucinant " de cette mère en tant que peintre, ayant laissé derrière elle une collection de tableaux d’une qualité picturale indiscutable.
Je lui ai redit que j’étais d’accord, mais à la seule condition, que le tournage se passe après la naissance de ma 3ème fille et surtout pas avant.
Nous avons donc commencé les repérages deux semaines après mon accouchement, et le tournage a démarré 4 semaines plus tard...

Je me suis appliquée le plus possible, en lumière et en cadre. Et quelquefois, en filmant, j’ai pleuré. Pourtant, généralement, je ne suis pas réputée pour être quelqu’un de très sensible.
Le film de Marianna est peut-être celui que je préfère de tous ceux que j’ai faits. Non pas pour une question d’image, mais bien évidemment pour une question de sujet, qui au fur et à mesure du film devient social et politique. Je l’aurais volontiers présenté en avant-première de l’AFC pour le mois d’octobre. Mais mon absence hors de Paris en cette période m’en a dissuadée.
Nous avons filmé en DV. L’étalonnage a été très long, et le kinescopage fastidieux. Ce n’est quand même pas un support que j’apprécie beaucoup, à partir du moment où ses caractéristiques n’ont rien amené de spécifique au film. Il avait été, à une époque, question de filmer en 16 mm, surtout pour restituer au mieux la qualité des tableaux. Les réponses financières d’avant tournage avaient largement contraint Marianna à opter pour le DV. Ce qui, pour moi, restera toujours comme un regret. »


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