L’Alexa reine des neiges

Arri propose une Master Class dans un décor enneigé avec en vedette les projecteurs Skypanel

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C’est à Oliver Stapleton, BSC, que Arri a confié cette année le soin d’animer son atelier de prise de vues cinématographique. La filmographie du chef opérateur britannique inclut notamment deux longues collaborations avec les cinéastes Stephen Frears et Lasse Halstrom .

Une scène a été choisie dans l’un des films les plus sous-estimés de Stephen Frears (le western moderne The Hi Lo Country, sorti en 1998) pour construire l’intervention : une séquence de tempête de neige dans laquelle trois cow-boys se retrouvent pris et subissent un grave accident de cheval.
« Je me souviens », explique-t-il, « on tournait le film au Nouveau-Mexique, il faisait une chaleur à crever ! Ce n’était pas du tout l’hiver, et pourtant on a dû recréer entièrement cette séquence en studio avec un décor à peine plus grand que celui qu’on me propose aujourd’hui ! »

Effectivement, installé dans le gymnase de l’Université de Bydgoszcz, un petit bout de campagne enneigée a été recréé, avec un puits, quelques pieux et une découverte formant un paysage en arrière-plan. Au sol, plusieurs kilos de neige en polystyrène complète l’illusion.
Équipé de deux caméras Arri Alexa (une en capteur 4/3 avec optique Scope et l’autre en 16/9 avec optique sphérique), le travail de recréation a été confié à deux volontaires issus du public, tandis qu’Oliver Stapleton partageait avec le reste de l’assistance ses souvenirs de travail et une vision un peu nostalgique du cinéma. Parmi les sujets abordés, les grands films qui l’ont influencé, avec comme pierre centrale l’image de Vittorio Storaro sur Le Conformiste, Apocalypse Now et Coup de cœur. Une occasion de rappeler combien le cinéma des années 1970 était riche en expérimentations photographiques, et combien l’instantanéité de l’image numérique a depuis fait perdre – selon lui – beaucoup d’audace de la part des studios et des producteurs.

Cet atelier était aussi l’occasion pour la firme bavaroise de mettre en avant sa gamme de projecteurs à LEDs Skypanel, avec lesquels l’ambiance du jour était fabriquée à travers un immense velum depuis le plafond. D’autres ambiances du même type étant utilisées sur pied pour des éclairages sur les comédiens. « Je pense », a affirmé Oliver Stapleton, « que les projecteurs à LEDs sont vraiment les lumières du futur. Le fait de pouvoir choisir la température de couleur très rapidement, la faible consommation électrique, le peu de dégagement de chaleur sont autant d’avantages énormes sur un décor en studio. Reste bien sûr la qualité chromatique de la lumière LED, chose sur laquelle je trouve que les constructeurs ont fait beaucoup de progrès, et qui me semble maintenant parfaitement raccorder avec une source tungstène ou la lumière du jour... »

Une Master Class suivie religieusement par une salle pleine à craquer pendant plus de deux heures.

Rédigé par François Reumont pour l’AFC.