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La Fabrique des sentiments

de Jean-Marc Moutout, photographié par Claude Garnier


Avec Elsa Zylberstein, Jacques Bonnafé, Bruno Puzulu
Sortie le 6 février 2008

Eloïse, interprétée par Elsa Zylberstein, est une jeune femme belle et brillante, menant une carrière de clerc de notaire accomplie. Pour briser sa solitude et tenter de maîtriser sa vie amoureuse comme elle maîtrise sa vie professionnelle, elle décide de s’inscrire à des séances de " speed dating " : 7 hommes, 7 femmes et 7 minutes pour séduire. Pas si simple…
Elle devra faire face à ses désirs et à ses contradictions ou, comme dit la chanson, à son " ultramoderne solitude ".

Après Violences des échanges en milieu tempéré sorti en 2003, c’est le deuxième film de Jean-Marc Moutout que j’ai le plaisir d’éclairer. J’avais beaucoup apprécié notre première collaboration aussi bien dans la manière de travailler précise et passionnée que dans le propos pointant une réalité contemporaine incontournable : la violence du monde du travail.
J’ai retrouvé dans ce deuxième film l’exigence de Jean-Marc, son souci de questionner notre époque sur un sujet délicat entre tous : l’Amour, le désir, la liberté et ses contrecoups.

Nous avons passé de longs moments à mettre au point le style d’image que nous recherchions pour ce film, un style différent de Violences des échanges en milieu tempéré. Nous voulions une image plus sombre, plus froide, révélant la beauté d’Elsa, mais sans masquer ses désarrois. Nous voulions des cadres rendant compte au plus près des " états " des personnages, des gros plans, bien sûr, pour accompagner Eloïse, mais aussi de l’épaule et des zooms.

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Premier jour de studio
Claude et Nicolas peaufinent la lumière. Elsa ne quitte pas sa couverture. Il fait encore froid
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Premier jour de studio, Elsa

Nous avons tourné en 35 mm par choix, pour la finesse et la subtilité voulue par Jean-Marc. Quel plaisir de tourner encore une fois en pellicule.
Même si, avant la copie finale et sans rushes tirés, l’image peut passer par bien des états plus ou moins troublants et somme toute assez éloignés des options choisies. Pourtant, le doute n’est pas permis au chef opérateur. Alors, quand en fin de compte, après la première vraie projection et avec le concours de l’étalonneur (Gérard Savary, magnifique comme toujours), l’image est enfin là pour le plaisir du réalisateur et du directeur de la photo, nous prenons tout notre temps pour savourer les couleurs, les noirs, les brillances, toutes les formidables nuances de la pellicule et nos choix finalement " révélés ".
Enfin la récompense...

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Elsa Zylberstein
Photogramme de travail
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Elsa Zylberstein
Photogramme de travail
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Elsa Zylberstein
Photogramme de travail

J’ai particulièrement apprécié les recherches que nous avons effectuées avec le chef décorateur Jérôme Pouvaret afin d’affiner les apports entre la lumière et la déco surtout pour les décors en studio, " speed dating " et rêves d’Eloïse ; des couleurs et des contrastes pas toujours faciles mais qui collaient bien au scénario.
Bref une collaboration comme je les aime, confiante et généreuse, sur le film d’un réalisateur passionné et ambitieux, un film produit avec enthousiasme par Régine Vial et Margaret Menegoz des Films du Losange ; un film qui n’est pas forcément une comédie, un film qui n’est pas dans l’humeur consensuelle chère à nos décideurs, un film qui nous tend un miroir, ressemblant ou pas ?

J’ai utilisé les objectifs Cooke S4 pour leur douceur sur les peaux et une caméra Moviecam Compact, malgré tout bien lourde à l’épaule avec la série Cooke qui la déséquilibre à l’avant. (Allez, la prochaine fois, j’en aurai une plus légère…)
Pour la pellicule, c’était de la Kodak 5205 et 5218, toujours aussi merveilleuses et fiables.
Le matériel caméra était loué chez TSF Caméra et le matériel lumière chez TSF Lumière.

Merci à l’équipe image qui m’a accompagnée pendant le film :
Nicolas Dixmier, chef électricien – Laurent Hincelin, premier assistant caméra – Julien Monneret, chef machiniste et leurs comparses. Et aussi à la chef maquilleuse, Sophie Landry, qui m’a offert le plaisir d’une vraie complicité.
Enfin merci aux laboratoires Eclair et plus particulièrement à Didier Dekeyser, Patrick Langenfeld pour les photogrammes qu’il m’a envoyés chaque jour, Kadidja Fatmi, formidable et très présente aux TC, Roxanne pour les quelques plans numériques délicats et surtout Gérard Savary, l’étalonneur du film si sensible et efficace jusqu’au bout.

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Eloise n’assume pas ses choix, le Stead la surveille de loin
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Lucien l’accessoiriste et Claude entre fatigue et béatitude
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Claude et Julien Monneret, le chef machiniste
Julien a encore inventé une nouvelle façon de me torturer. Il en tire la langue de plaisir
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Jean-Marc Moutout tel qu’en lui-même, entre ombre et lumière
Pellicules : Kodak 5205 et 5218
Matériel caméra : TSF Caméra, Moviecam Compact, objectifs Cooke S4
Matériel lumière : TSF Lumière
Labotatoires : Eclair (Didier Dekeyser, Patrick Langenfeld)
TC : Kadidja Fatmi
Etalonneur : Gérard Savary




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