Laurent, c’est le cinquième film que tu tournes avec Raphaël, peux-tu nous parler de ce réalisateur singulier ?
Nadjari est un cinéaste qui pose des questions essentielles sur la vie, la religion. À travers son questionnement, il m’apparaît comme un cinéaste universel. Il est en recherche perpétuelle, avec Tehilim il pose son désir de rassembler, il questionne les contradictions entre l’orthodoxie et le traditionalisme. Il voudrait trouver un compromis sans jamais donner de solutions.
Et concrètement, comment travaille-t-il ?
Raphaël Nadjari
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part souvent d’un récit simple, sans dialogues écrits. L’improvisation joue un rôle essentiel dans sa mise en scène avec les acteurs. Le scénario évolue tous les jours, toutes les minutes. Il évolue au tournage, au montage, jusqu’à la fin. Chaque étape est une écriture du film. C’est dans cette forme que son cinéma se crée. Les contraintes économiques, de temps (vingt jours de tournage), de moyens, nous impliquent nécessairement tout entier avec le film bien au-delà de sa simple " construction ". C’est peut-être dans ces limites que nous y trouvons une certaine forme de liberté.
Peux-tu nous décrire vos choix techniques et nous expliquer comment cela s’est passé sur le tournage ?
C’est mon cinquième film avec Raphaël Nadjari
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, et je crois lui faire suffisamment confiance pour me libérer de la technique. Nous avons passé très peu de temps en préparation (7 à 8 jours) et, bien entendu, aussi peu pour les repérages. Je suis souvent arrivé au moment du tournage sur des lieux que je n’avais jamais vus.
Pour Tehilim, nous avons choisi de tourner en petite équipe et à l’épaule, le besoin de mobilité étant primordial dans le travail d’improvisation. Le langage se cherche et se trouve au fur et à mesure des jours tournés.
Nous avons essayé de trouver une manière simple de filmer toujours en travaillant le plan dans sa durée et de garder une intimité avec les comédiens. La caméra portée devient plus instinctive, moins évidente. Je me déplaçais à l’intérieur même des séquences sans jamais interrompre le jeu des acteurs pour avoir une couverture en plans larges et serrés.
Comme sur Avanim, son premier film en Israël, nous avons tourné en HD. Un choix économique plus que technique au départ.
Notre choix s’est donc porté sur une caméra Sony
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F900 équipée d’un Pro 35 et d’une série Zeiss grande ouverture
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. Notre désir était de retrouver, pour cette histoire, une image plus ronde, plus chaleureuse que ce que propose la vidéo. Je dois dire que le Pro 35 nous a beaucoup aidés, mais cet outil comporte des contraintes techniques que j’ai très certainement sous-évaluées pour un film de fiction. Perte de 2 diafs et 1.3 d’ouverture tout le long du tournage… C’est une image parfois fragile, sans compromis, un choix que nous assumons complètement.
Propos recueillis par Brigitte Barbier
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pour l’AFC


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