Ces permanents représentaient près de 15 000 salariés en 2006, soit 1 900 de plus qu’en 2002. Le recours à l’intermittence qui concerne près de 100 000 salariés par an en Ile-de-France semble avoir atteint un palier. Cette région – où s’effectue la grande majorité des tournages – concentrait à elle seule 89 % de la masse salariale.
Les mesures qui ont accompagné la sortie de crise du secteur – déprimé en 2001, 2002 et 2003 – risquent aujourd’hui d’être moins opérantes. Si le crédit d’impôt national accordé aux producteurs français pour relocaliser leurs tournages dans l’Hexagone a bien fonctionné, son plafonnement pose problème : en 2007, les trois films français les plus chers – Babylon AD, de Mathieu Kassovitz (50,8 millions d’euros), Mr Nobody, de Jaco van Dormael (33 millions d’euros) et Faubourg 36, de Jacques Baratier (28 millions d’euros) – ont été partiellement tournés à l’étranger.
Ce qui plaide en faveur d’un déplafonnement du crédit d’impôt national et de l’adoption de mesures fiscales attractives – auxquelles semble réfléchir le gouvernement – pour que les équipes de tournage internationales viennent filmer en France. A l’instar de ce qui existe en Allemagne ou en Grande-Bretagne.
Le secteur de la production est très éparpillé : le nombre d’entreprises a augmenté de 5,8 % entre 2006 et 2007 (à 5 899) et de 33 % lors des quatre dernières années, précise cet observatoire créé par la Commission du film Ile-de-France et le groupe Audiens.
Nicole Vulser, Le Monde, 27 avril 2008