Lassés des réticences de Bruxelles à valider la taxe sur les services de télévision (TST), versée par les opérateurs de télécommunications et perçue par le Centre national du cinéma (CNC
Voir CNC dans l’index
), les cinéastes ont lancé un manifeste à l’attention de la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, qui se rend, ce vendredi, à Dijon. « Nous demandons l’affirmation d’une politique culturelle claire et forte afin de défendre les principes de notre système de financement, face à la politique libérale prônée par Bruxelles », y écrivent-ils.
Aujourd’hui, le cinéma français se porte plutôt bien et s’exporte, comme le montre le succès de The Artist, de Michel Hazanavicius
Voir Michel Hazanavicius dans l’index
, président de l’ARP. La filière représente plusieurs centaines de milliers d’emplois. Le chiffre d’affaires du secteur tourne autour de 1,4 milliard d’euros pour 220 films par an.
« Mais », poursuivent les cinéastes, « notre mode de financement a toujours reposé sur un principe simple, selon lequel les diffuseurs de nos œuvres, quels qu’ils soient, devaient participer au financement de ces œuvres ». C’est pourquoi les nouveaux entrants, comme les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) Orange, SFR, Free, Bouygues Telecom, « doivent s’intégrer harmonieusement à cet équilibre », au même titre que les exploitants de salles, qui financent le cinéma par le biais d’une taxe sur le prix des tickets reversée au CNC
Voir CNC dans l’index
.
Au passage, les pétitionnaires rappellent à la Commission européenne que ce mode de financement bénéficie à l’ensemble du cinéma européen. Créée il y a quatre ans, la taxe versée par les opérateurs de télécommunications, au titre de leur distribution de services de télévision, a vu son rendement exploser, passant de 94 millions à 322 millions d’euros en 2011. Pour les cinéastes, il n’y a plus aujourd’hui de différence entre la télévision et Internet, car tous les deux « transmettent du son et de l’image ».
A Bruxelles, notamment dans les services de la vice-présidente de la Commission et commissaire européenne à la société numérique, Neelie Kroes, cette analyse est loin d’être partagée.
Nouvelle donne numérique
A ce débat sur la TST s’ajoute celui sur le budget du CNC
Voir CNC dans l’index
. Eric Garandeau
Voir Eric Garandeau dans l’index
, son actuel président, ex-conseiller culturel de Nicolas Sarkozy, est sur la sellette. Il est à ce poste, révocable ad nutum. A ce jour, le CNC
Voir CNC dans l’index
dispose d’une trésorerie de 820 millions d’euros et, en 2012, ses recettes devraient s’établir à 721 millions d’euros. Cet argent suscite de nombreuses convoitises. En 2012, le gouvernement a réussi à prélever 150 millions d’euros, pour un an. En ces temps de crise et de réduction des déficits, cette ponction n’a d’ailleurs pas provoqué de bronca de la part des cinéastes.
En revanche, les conclusions de la Cour des comptes qui, à la demande du Sénat, a étudié le modèle économique du CNC
Voir CNC dans l’index
, font polémique. Les magistrats de la Rue Cambon jugent qu’il serait utile de changer la philosophie du financement du cinéma et de l’audiovisuel français, en s’appuyant sur les besoins et non plus sur les recettes, dont les montants ont explosé.
Pour la Cour des comptes, l’actuel modèle présente un deuxième inconvénient : il permet au CNC
Voir CNC dans l’index
d’échapper à la tutelle de l’Etat. A ces critiques, M. Garandeau
Voir Eric Garandeau dans l’index
répond que « le CNC
Voir CNC dans l’index
est probablement aujourd’hui l’organisme public le mieux contrôlé ».
Dans ce contexte, les cinéastes estiment, dans leur manifeste au gouvernement, « urgent de passer à l’acte II de l’exception culturelle » qui doit permettre, comme s’y était engagé François Hollande en campagne, d’adapter l’exception culturelle française à la nouvelle donne numérique. « A l’origine, l’exception culturelle a été inventée pour résister à l’hégémonie de la culture américaine, le paradoxe actuel c’est qu’il faille se battre à l’intérieur des frontières européennes, contre les dirigeants bruxellois », résume Florence Gastaud, déléguée générale de l’ARP.
Alain Beuve-Méry, Le Monde, 19 octobre 2012
Consultez le site Internet du Monde.
Lire également l’article de Grégoire Poussielgue paru dans Les Echos
Le cinéma français attaque Bruxelles pour défendre l’exception culturelle

English language
Recours à la procédure de redressement judiciaire pour Aaton
Entretien avec François Reumont et Henrik Moseid à propos d’exposition photo et de rétroéclairage à LEDs
Les sept vies cinématographiques de Willy Kurant
Hommage au directeur de la photographie Willy Kurant, AFC, ASC, à la Cinémathèque française
Micro Salon 2013 en images, un 3e album
Communiqué de l’AFC concernant la convention collective
Carnets de bord du film "Le Premier homme", de Gianni Amelio
Inscriptions ouvertes pour le festival d’images de film Plus Camerimage
Rencontre avec Howard Preston, fondateur de la société Preston Cinema Systems
Entretien avec Ben Richardson à propos de son travail sur "Les Bêtes du Sud sauvage", de Benh Zeitlin
Entretien avec Jacques Delacoux, PDG de Transvideo
"Shooting Time" ou la cinématographie par ceux qui la font
"Le Futur" vu par les directeurs de la photographie
Une vilaine guêpe l’a piqué, et Luc Drion s’en est allé
Où Philippe Rousselot, AFC, ASC, parle de son travail...
Un entretien avec Alain Derobe, stéréographe