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Micmacs à tire-larigot

Photographié par

Tetsuo Nagata

Sortie le 28 octobre 2009

Le tournage de Micmacs à tire-larigot a débuté l’été 2008 dans la région parisienne.
Cette année-là, le climat à Paris était très instable ; dès le premier jour d’énormes nuages défilaient comme en Bretagne. Un grand nombre de scènes étaient tournées en extérieur et le temps nous a joué, plusieurs fois, de très mauvais tours…
La météo... L’éternelle ennemie de tous les chefs opérateurs...

Et si, en plus des caprices de la météo, on manque de temps pour l’installation ou de temps tout court, cela devient vraiment une course contre le temps... Bref, j’ai vite abandonné les installations trop lourdes ; pour l’extérieur jour, j’ai plutôt dompté la lumière avec des borniols et des sources compactes... Pour certaines scènes, c’était assez efficace mais pour les plans larges… Je ne vous raconte pas...

J’ai choisi la pellicule Kodak
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EK 5219
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puisque je l’avais déjà utilisée pour le tournage de Splice et j’étais content du rendu dynamique de celle-ci. Pendant la préparation, Jean-Pierre Jeunet
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avait évoqué la caméra Red
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et, après avoir fait des recherches et n’en étant pas complètement satisfait, j’ai enfin décidé de choisir la configuration classique 35 mm. La finalisation du film, initialement prévue en 2K, a été réalisée en 4K chez Digimage
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et le tirage sur la 2383
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.
Ces derniers temps, j’ai parfois pensé tourner en numérique, mais jusqu’à présent, je n’ai pas opté pour cette solution.
Pourquoi ? Parce que je pense qu’il faut une raison bien précise pour choisir le numérique. Il faut que le sujet du film nécessite un rendu " numérique " artistiquement et techniquement parlant. Pour moi, ce sont deux rendus bien différents ; je n’emploie pas le numérique pour essayer d’avoir le même rendu qu’en 35 mm.
Mais à l’époque actuelle, ce choix est parfois demandé pour des raisons économiques et je le comprends. Autant que je peux, je préfère utiliser encore mes " pinceaux ".

L’univers et les exigences de Jean-Pierre Jeunet
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sont très précis ; ensemble nous avons discuté de la vision artistique à donner au film. De ce point de vue, pour moi, la tâche était assez complexe. En connaissant le goût de Jean-Pierre pour le côté chaud de ses images et désirant donner un aspect plus contemporain à l’histoire, j’ai choisi d’intégrer une palette de couleurs comme le bleu, le mauve, le rouge pour moderniser et dynamiser le côté rouille et ancien de certains intérieurs.
Concernant les rushes, Jean-Pierre Jeunet
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avait exigé d’avoir une salle de projection mobile sur le lieu de tournage.
Nous avions donc un camion transformé en salle de projection et équipé de projecteur numérique.
Tous les jours, le télécinéma effectué par Digimage
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en DNX.HD était livré sur disque dur... Tout cela est très pratique, mais parfois angoissant...
J’ai découvert le film Micmacs terminé à mon retour des USA, il y a à peine quelques semaines de cela... Bravo à Digimage
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, Arane et à Didier Lefouest (étalonneur) pour l’ensemble de leur travail.
Pour moi l’année 2008, avec le film Chanel et Micmacs, restera inoubliablement l’année Jeunet !


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