Rebelles

Rebelles est une comédie de genre et d’action avec Cécile de France, Audrey Lamy et Yolande Moreau dans les rôles principaux. C’est l’histoire de trois ouvrières de Boulogne-sur-Mer embarquées dans une aventure improbable qui les dépasse, mais elles ne lâchent jamais l’affaire !

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L’histoire se déroule à la fin de l’hiver. Allan Mauduit voulait gommer l’aspect triste et froid, cette image qui est souvent donnée au nord de la France. Rapidement nous nous sommes mis d’accord sur une dominante jaune vert. Ce procédé permet un décalage avec la réalité, de rester cinématographique tout en filmant des univers très réalistes.

Pour ce projet, j’ai utilisé la caméra RED Weapon Dragon en Legacy.
J’ai choisi les Redgamma 4 (Gamma curve) et Dragon Color 2 (Color space). Selon moi, ce sont les réglages les plus standards avec cette caméra pour obtenir des couleurs et des contrastes cohérents.
Je n’ai pas utilisé de LUT car le choix spécifique de température de couleur et de teinte était suffisant pour donner un look aux rushes. Ces derniers étaient ensuite étalonnés ou plutôt harmonisés par le laboratoire.
Ce workflow ne nécessitait pas la présence d’un DIT. L’équipe caméra se composait de deux assistants, Matthieu Normand et Romain Gentil (2d et DATA) et d’une assistante au combo, Marion Delahousse.

Je n’ai pas utilisé de nacelle stabilisée à la main, ni de steadycam. Nous avons préféré la caméra portée à l’épaule ou simplement tenue à la main, dans sa version la plus légère : le corps, un objectif, le moteur de point et le clip-on. Le reste sur le dos, accroché à une petite claie de portage.
Cette configuration ultra maniable permet d’être au plus près des comédiens et très réactif à leur mouvement.
La caméra très compacte a permis de tourner aisément dans le mobile home et les nombreux intérieurs voiture. A noter la parfaite accessoirisation proposée par RVZ.

En préparation, nous avons évoqué l’idée de tourner en anamorphique. Nous avons vu des essais avec les Cooke Anamorphic que j’apprécie bien pour leurs aberrations. Allan était assez partant mais la réalité économique s’est imposée. Tourner à 2.8 les nombreuses scènes de nuit avec une caméra qui dépasse difficilement 1600 ISO réel nous aurait obligés à éclairer davantage.

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J’ai choisi les Zeiss Ultra-primes que nous avons utilisés au maximum de leur couverture (6K RED) et souvent à leur ouverture maximale (T1.9). Ces optiques sont fiables, compactes et la série est homogène. J’apprécie leurs flares. C’était aussi un choix économique.

Avec Gilles Granier, nous avons précisé le travail sur les teintes à l’étalonnage final. Le film n’est pas très contraste ni saturé et nous avons trouvé sur le Baselight une texture de grain qui gomme l’aspect trop numérique, trop précis des images d’aujourd’hui.

Tourner dans une usine alimentaire en activité n’est pas simple, avec des règles d’hygiène très strictes ! Combinaison en papier, sur-chaussure et charlotte sur la tête pour tout le monde !
L’accueil du tournage par l’équipe de l’usine a été formidable malgré tout…

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La chaîne d’emboîtage où se joue la comédie est une partie de l’usine que nous avons pu privatiser en horaire mixte. Nous avons créé un sas derrière les baies vitrées et éclairé pour maintenir une lumière du jour constante. Nous avons eu l’autorisation d’ajouter au-dessus de la chaîne quelques réglettes néon pour apporter un peu de contraste dans cet univers blanc et plat.

Seul le décor intérieur maison de Yolande Moreau a été construit en studio, à Bry-sur-Marne.
L’extérieur se trouve à Boulogne. L’agencement réel de l’intérieur de cette maison était impossible pour la mise en scène, notamment la scène d’affrontement final. En studio, nous avons créé des plafonds en toile avec un éclairage LED bicolor dimmable par dessus, afin de maîtriser le contraste sans utiliser de sources sur pied à l’intérieur.
Les découvertes sont photographiques. C’était possible car on ne devine pas de mouvement dehors.

Le film se termine par quelques scènes d’action, des fusillades notamment. Pour celle qui se déroule dans la maison, tous les impacts de balle sur les murs, les grands meubles et dans les canapés ont été créés en postproduction, même les plumes éjectées des fauteuils ! Ce travail remarquable a permis de tourner ces séquences beaucoup plus vite. Les tirs sont, pour la plupart, en balle à blanc pour avoir la vraie énergie du tir et la flamme.
L’équipe SFX s’est bien servie des sparkling balls avec leurs pistolets paint ball pour toucher les petits accessoires et justifier les impacts positionnés par les VFX.
Même si le budget VFX est important, le gain de temps en tournage est si conséquent que l’opération est rentable. Cette méthode permet aussi au réalisateur, pendant la postproduction, de choisir la quantité d’impacts et leurs positionnements exacts dans le cadre.

La scène de la vache qui s’effondre, le départ en tonneau d’une voiture des Belges, Yolande Moreau qui tire sur une autre voiture, c’est une belle galerie de plans VFX qui ne se voient pas !

Rebelles fut une belle aventure, une belle conjonction d’énergies, un tournage comme on les aime…

Portfolio

Équipe

Premier assistant opérateur : Mathieu Normand
Chef électricien : Cafer Ilhan
Chef machiniste : Dominique Lomet
Chef décorateur : Jérémy Strelisky
Cascades : Dominique Fouassier

Technique

Matériel caméra : RVZ Caméra (RED Weapon Dragon 6K, série Zeiss Ultra Prime)
Matériel éclairage : RVZ Lumière
Matériel machinerie : TSF Grip (dolly Fisher 11, bras Aerocrane, tête Flight Head Olivier Leblanc)
Voiture travelling : Francis Auguy et Gilles Cappelletto
Studio VFX : CGEV (Alain Carsoux)
Supervision VFX : Séverine de Wever
Laboratoire numérique : Le Labo Paris (Baselight)
Etalonnage : Gilles Granier