Depuis que l’ArriScan et autres scanners 4K sont apparus, eux qui analysent le grain* de la pellicule originale, la finesse et la profondeur de couleur de la négative sont enfin respectées. Il n’y a donc plus de raison qualitative de ne pas utiliser le " Digital Intermediate " dans la fabrication des positifs d’exploitation, bien au contraire.
Vu que la chaîne numérique est un mur absolu entre le support original et la support de diffusion, pourquoi donc filmer encore en anamorphique 1:2 sur une image 4Perf carrée avec de lourds objectifs réminiscents des caméras Technicolor ?
C’était justifié à l’époque où l’on ne savait faire que des copies contact et où dès la prise de vues on devait gaspiller du négatif pour réserver de la place à la future piste son des copies.
Ceux qui veulent tourner en Scope 1:2 avec la Penelope 3Perf (qui je le rappelle a été dessinée pour être silencieuse et ultra maniable) ont deux options : soit le Super 35 1:2.35 " sphérique " classique qui n’utilise pas toute la surface disponible du négatif 1:1,66, soit l’anamorphosé " racine de 2 " (car tout le monde sait que racine de 2 par racine de 2 ça fait 2). Comme il n’y a plus besoin de réserve pour la piste son cette douce anamorphose occupe toute la surface qui devient proche de celle du négatif Scope 1:2 sur 4Perf.
Ce qui serait malin de la part des fabricants d’objectifs anamorphosés serait d’adapter leurs flottilles en remplaçant le groupe de lentilles cylindriques 1:2 par un groupe 1:1,42 plus facile à corriger, plus petit et léger. En ces temps de cinéma mobile ce serait bien vu ! (Notez que l’anamorphose 1:1,42 est si douce qu’on peut même cadrer sans désanamorphoseur).
C’est ensuite un jeu d’enfant d’exécuter le reste de l’anamorphose (encore un coup de 1:1,42) dans la chaîne numérique pour sortir un internégatif scope 1:2 compatible avec tous les projecteurs Scope 4Perf du monde.
Nous avions essayé de promouvoir cette idée il y a 20 ans auprès de Panavision, mais à l’époque le "Digital Intermediate " était dans les limbes, il fallait exécuter le reste de l’anamorphose par tirage optique et c’était bien trop compliqué de modifier les tireuses... surtout aux USA pays conservateur s’il en est.
Il y a quatre ans, nous avons fait des essais chez Eclair à partir d’un négatif Super 16 photographié avec un anamorphoseur 1,5 Iscorama sans aucun problème particulier. Cependant comme le scan se faisait à l’époque en HD 4:2:2 et le shoot en 2K, le résultat était un peu mollasson. Ce ne serait plus du tout le cas en partant d’un ArriScan 4K.
Qui veut faire des essais avec nous ?
(Jean-Pierre Beauviala)