Rétrospective Bruno Nuytten à la Cinémathèque française

En partenariat avec l’AFC
Du 20 mars au 3 avril 2019, la Cinémathèque française organise, en partenariat avec l’AFC, une rétrospective consacrée à Bruno Nuytten, directeur de la photographie et réalisateur, à travers une sélection de 22 films sur la trentaine de longs métrages qu’il a éclairés - et pour la plupart cadrés - en moins de quinze années passées derrière la caméra. À cette sélection s’ajoutent trois courts métrages photographiés au début des années 1970 et trois de ses réalisations (Camille Claudel, Albert souffre et Jim, la nuit).

« Parcours rêvé dans la nuit des films éclairés par Bruno Nuytten, des Valseuses, de Bertrand Blier, à Manon des sources, de Claude Berri, en passant par Marguerite Duras, André Téchiné, Andrzej Zulawski et tant d’autres. C’est l’histoire d’un homme fasciné par la nuit et qui explore le ballet des lumières et des ombres à travers sa vie de cinéma. La nuit fait d’ailleurs partie de son nom, phonétiquement du moins, Nuytten, de son prénom Bruno. », écrit Bernard Payen sur le site de la Cinémathèque française.

Deux rencontres viendront éclairer le parcours et le travail de Bruno Nuytten :
- "Dialogue avec Bruno Nuytten et Alain Fleischer", animée par Bernard Benodiel – jeudi 28 mars à 19h30 -, avec la projection de Zoo zéro (Alain Fleischer, 1977).
- "Bruno Nuytten par Bruno Nuytten : une leçon de cinéma", animée par Caroline Champetier, AFC, et Frédéric Bonnaud – samedi 30 mars à 14h30 -, avec la projection de Tchao Pantin (Claude Berri, 1983).

Enfin, le documentaire de Caroline Champetier, Nuytten/Film, sera projeté le mercredi 3 avril à 19h – Séance présentée par Caroline Champetier.

« Le travail de Bruno Nuytten m’a toujours passionnée. Le projet du film s’est mis en place au Fresnoy, école où j’ai été artiste-invitée pendant une année. Bruno est une personne très secrète qui fuit parfois comme un animal sauvage... La forme du film s’est façonnée avec le temps. Avec comme volonté première de faire entendre Bruno sans représenter sa parole. C’est pour passer en quelque sorte en dessous de cette parole que j’ai décidé de filmer chez lui, alors qu’il était en train de poser du parquet... »

« Assez miraculeusement, la problématique du rapport entre l’art et l’artisanat du cinéma s’est synthétisée à ce moment. C’est un film sur le geste. Bruno a été à l’endroit même et au moment même où un grand chambardement commençait à se produire dans la fabrication des films. Et il l’a senti. Ne plus pouvoir, comme il en avait l’habitude, passer du temps sur le plateau, faire les fondus-enchaînés à la prise de vues, retoucher en direct telle ou telle partie de l’image en dessinant au feutre sur une vitre entre l’optique et le sujet, ou encore flasher à la prise de vues, comme il a pu le faire d’une manière extrêmement audacieuse sur Barocco, sont autant de raisons qui l’ont forcé à s’écarter. Perdre cette liberté du geste, pour rentrer plus tard dans l’univers numérique, du « tout sera fait à l’étalonnage », était impossible pour lui. Il y a aussi un vrai mystère sur l’endroit où il place le réalisateur. » (Caroline Champetier)

En vignette de cet article, Bruno Nuytten mesurant la lumière sur Yves Montand pendant le tournage de Manon des sources, en 1986.