Ni l’association des producteurs de cinéma (APC), ni la fédération des industries techniques du cinéma (Ficam), qui regroupe les métiers techniques (image, son, montage, effets spéciaux), n’ont été « mis dans le coup du dossier », selon leurs responsables.
« J’ai découvert le projet il y a peu de temps, il y a une grande difficulté à apprécier sa pertinence », déclare prudemment Frédéric Goldsmith, délégué général de l’APC dont les membres pourraient devenir les clients du nouvel ensemble proposé par l’architecte toulousain Bruno Granja en partenariat avec le groupe américain Raleigh. La surface de 25 hectares citée par l’Etat pour le nouvel Hollywood-sur-Garonne, les 5 000 emplois en trois ans annoncés par M. Granja, le chiffre évoqué dans la presse de 16 plateaux de tournages lui semblent « phénoménaux », alors « qu’il existe déjà un très très gros projet de Cité du cinéma » cette année en région parisienne par Luc Besson
Voir Luc Besson dans l’index
.
Plus offensif, le président de la Ficam, Thierry de Segonzac, parle « d’aberration », de « non-sens », et tire à boulets rouges sur la faisabilité d’un projet dont le préfet de région Midi-Pyrénées saluait jeudi la « crédibilité confirmée ». Selon lui, « les studios français sont déjà en surcapacité bien que nous soyons numéro un en Europe avec 270 films par an ».
Pour M. de Segonzac, le cinéma français a délocalisé l’an dernier 35 % de sa production (67 % au 1er trimestre 2012 selon la Ficam) à la fois pour des raisons de coût de la main d’œuvre et pour des raisons fiscales. L’objectif de création d’emplois est selon lui « sans rapport avec la réalité », rapporté à l’ensemble des 180 entreprises de la Ficam qui totalisent 10 000 emplois permanents et 20 000 intermittents.
Ce Cassandre impitoyable estime qu’il y a « une chance sur cent » pour que Raleigh « donne suite à ce projet irréaliste qu’on nous annonce à près de 100 millions d’euros ». Il se dit étonné que l’Etat se mobilise si vite « pour un projet improbable » alors que la profession « tire la sonnette d’alarme depuis trois mois auprès du ministère de la Culture pour trouver les solutions de consolidation de la filière, en violente mutation technologique ».
Le président des studios Raleigh, grand nom américain de l’industrie du cinéma, avait présenté, mardi 31 janvier, à l’Etat français son projet d’implantation dans l’agglomération de Toulouse et attend à présent une réponse très rapide, a déclaré à l’AFP l’un de ses mandataires français. Le préfet de la Haute-Garonne, Henri-Michel Comet, devait réunir, le 7 février, un comité de pilotage à propos de l’avenir du site sur lequel les studios Raleigh ont jeté leur dévolu : l’ancienne base militaire 101 de Francazal. Désaffectée depuis 2010, elle est la propriété de l’Etat, qui en conduit la reconversion. L’idée initiale était d’en faire un aérodrome d’affaires et d’y implanter des activités de soutien à l’aéronautique comme la peinture ou la maintenance.
Lire l’expression des doutes que ce projet inspire sur le site du quotidien électronique LibéToulouse :
- Hollywood-sur-Garonne canardé par les professionnels du cinéma, article publié le 13 avril
- Jean-Louis Chauzy au Pays des merveilles, article publié le 12 avril
- Quand le cinéma veut courir plus vite que la politique, article publié le 11 avril.

English language
Recours à la procédure de redressement judiciaire pour Aaton
Entretien avec François Reumont et Henrik Moseid à propos d’exposition photo et de rétroéclairage à LEDs
Les sept vies cinématographiques de Willy Kurant
Hommage au directeur de la photographie Willy Kurant, AFC, ASC, à la Cinémathèque française
Micro Salon 2013 en images, un 3e album
Communiqué de l’AFC concernant la convention collective
Carnets de bord du film "Le Premier homme", de Gianni Amelio
Inscriptions ouvertes pour le festival d’images de film Plus Camerimage
Rencontre avec Howard Preston, fondateur de la société Preston Cinema Systems
Entretien avec Ben Richardson à propos de son travail sur "Les Bêtes du Sud sauvage", de Benh Zeitlin
Entretien avec Jacques Delacoux, PDG de Transvideo
"Shooting Time" ou la cinématographie par ceux qui la font
"Le Futur" vu par les directeurs de la photographie
Une vilaine guêpe l’a piqué, et Luc Drion s’en est allé
Où Philippe Rousselot, AFC, ASC, parle de son travail...
Un entretien avec Alain Derobe, stéréographe