"Toute la mémoire du monde", édition 2019

Avec, au programme, les 100 ans de l’ASC

La Lettre AFC n°295

Pour la 7e édition de "Toute la mémoire du monde", la Cinémathèque française propose, du 13 au 17 mars 2019, une sélection des dernières restaurations de prestige. À travers un programme cinéphile et éclectique, le festival rend hommage au travail des archives, des ayants droit, des studios et des laboratoires pour sauver les œuvres du passé. Et ce grâce à des sections thématiques, rencontres, ateliers et ciné-concerts.

Au programme...
Nicolas Winding Refn, parrain du festival
Amateur d’affiches reconnu, Nicolas Winding Refn présentera une sélection de films de sa collection en version restaurée et une série de "doubles programmes" alliant une de ses œuvres avec un film l’ayant inspiré. Master Class, présentations de séances, dialogue avec Alejandro Jodorowsky après la projection d’El Topo, Nuit de cinéma…
Quatre films issus de sa collection seront à découvrir sur grand écran lors d’une nuit qu’il présentera de 23h à 7h du matin.

Jerzy Skolimowski, invité d’honneur
Un hommage sera rendu à Jerzy Skolimowski, en sa présence. Figure emblématique du jeune cinéma polonais des années 1960, il est l’auteur d’une carrière internationale majeure. Désarrois de l’adolescence et angoisse de l’entrée dans l’âge adulte, sentiment du tragique, de la dimension absurde et burlesque du monde contemporain, autant de signes particuliers d’une œuvre qui n’a cessé d’inventer ses formes d’expression. Master Class, hommage en huit longs métrages - dont Le Départ, Walkover, Signe particulier : néant, Deep End, Travail au noir ou le rare Bateau-phare - suivi, jusqu’au 4 avril, d’une rétrospective intégrale.

Garrett Brown, invité d’honneur
Inventeur doublement oscarisé du Steadicam et d’une nouvelle esthétique du cinéma, Garrett Brown présentera les projections de Marathon Man, de John Schlesinger, de Rocky, de John G. Avildsen ou de Shining, de Stanley Kubrick. Il donnera au Conservatoire des techniques cinématographiques une Master Class retraçant l’histoire de son célèbre Steadicam.

Restaurations et incunables
Une large sélection de restaurations récentes, avec, entre autres cette année, Quartet, de James Ivory, vision sombre du Paris des années folles ; House by the River, film américain de Fritz Lang resté longtemps trop méconnu ; Adieu Philippine, présenté par Jacques Rozier ; le premier film de Dziga Vertov enfin retrouvé en Russie ou un joyau de la modernité venu de Téhéran, La Brique et le miroir, d’Ebrahim Golestan.

Cinéma muet d’Amérique latine
À La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé.
Voyage géographique et mémoriel parmi des trésors du cinéma muet. Séances présentées par Richard Peña et la rédaction de Revus & Corrigés.

Trésors des collections du MoMA
Entre grands noms du cinéma américain et cinéastes d’avant-garde, hommage aux riches collections du MoMA, institution pionnière dans la préservation du patrimoine cinématographique mondial. En présence de Dave Kehr, conservateur au département du film du MoMA.

Pierre Clémenti, cinéaste
Acteur pour Bertolucci, Pasolini ou Buñuel, Pierre Clémenti est aussi l’auteur d’une œuvre de cinéaste bouleversante de poésie et de sincérité. Les récentes restaurations de ses films sont l’occasion de mettre en lumière une facette méconnue l’artiste.

L’ASC a 100 ans
Pour célébrer le centenaire de l’ASC, la Cinémathèque française a choisi de montrer cinq films représentatifs du travail de ses directeurs de la photographie. Intervention de l’historien François Thomas. Cotton Club sera présenté par le directeur de la photographie Stephen Goldblatt, ASC.

Ciné-concert de clôture
Pour ce ciné-concert qui clôture le festival, la Cinémathèque française et Red Bull Music proposent une performance unique par Forever Pavot autour de la version restaurée du Golem, de Carl Boese et Paul Wegener (1920).

Séance à l’auditorium du Louvre, avec attractions
Au cinéma comme pendant la Grande Guerre : reconstitution d’une séance de projection typique des années 1916-1919. Comme il y a 100 ans, les films seront accompagnés au piano. Des attractions complèteront le spectacle : poème, chansons, airs d’opéra, numéro d’acrobaties, le tout accompagné par un bonimenteur.

Jeune public
Une "séance à remonter le temps" avec accompagnement musical.

Journée d’études internationale. Conserver et restaurer : de la théorie à la pratique
Mercredi 13 mars, cette journée d’étude en deux sessions (9h30-13h et 14h30-16h45) fera le point sur les questions que soulèvent actuellement la restauration et la conservation des films. En partenariat avec le CNC et Le Film français.

  • 9h30
    • Les scanners, étude comparative : de la capture d’image à son traitement. Interventions d’Ulrich Ruedel, Tiago Ganhão, Davide Pozzi et Céline Ruivo
  • 10h30
    • L’Anniversaire de la Révolution (1918), un film retrouvé de Dziga Vertov. Conférence de Nikolaï Izvolov
  • 11h15
    • Le lieu et l’événement : quelques considérations sur la restauration des films d’artistes et sur la restauration en général. Conférence d’Enrico Camporesi
  • 12h
    • Archivage audiovisuel : dans la jungle des formats de fichiers. Conférence de Reto Kromer.
  • 14h30
    • Restaurer les films d’Émile Cohl (animation et prises de vues réelles). Conférence d’Elena Tammaccaro et Agnès Bertola
  • 15h
    • Politique de stockage et conservation : pour une plus grande longévité des films. Conférence d’Anne-Laure Soulié et Valérie Sanroma
  • 15h45

Parmi les films restaurés et les incunables projetés
- L’Empreinte ou La main rouge, de Paul-Henry Burguet, photographié par Emile Pierre (1908)
- L’X noir, de Léonce Perret, photographié par Georges Specht (1915)
- Les Trois mousquetaires, de Fred Niblo, photographié par Arthur Edeson, ASC (1921)
- Le Bal, de Wilhelm Thiele, photographié par Armand Thirard (1931)
- D’une nuit à l’autre, de Gustav Machatý, photographié par Vaclav Vich (1931)
- Don Quichotte, de Georg Wilhelm Pabst, photographié par Nicolas Farkas et Paul Portier (1932)
- Miss Edith Cavell, de Herbert Wilcox, photographié par Joseph August, ASC et Freddie Young, BSC (1939)
- Nous les gosses, de Louis Daquin, photographié par Jean Bachelet (1941)
- House by the River, de Fritz Lang, photographié par Edward Cronjager, ASC (1949)
- Paris est toujours Paris, de Luciano Emmer, photographié par Henri Alekan (1950)
- L’Air de Paris, de Marcel Carné, photographié par Roger Hubert (1954)
- Les Inconnus dans la ville, de Richard Fleischer, photographié par Charles G. Clarke, ASC (1955)
- Expresso Bongo, de Val Guest, photographié par John Wilcox (1959)
- Adieu Philippine, de Jacques Rozier, photographié par René Mathelin (1960)
- Dans le vent, de Jacques Rozier, photographié par Willy Kurant, AFC, ASC (1962)
- Brick and Mirror, d’Ebrahim Golestan, photographié par Amir Karari et Soleiman Minasian (1965)
- Quatre d’entre elles, de Claude Champion, Francis Reusser, Jacques Sandoz, Yves Yersin, photographié par Renato Berta, AFC, Erwin Huppert, Henri Rossier et Claude Stebler (1968)
- János vitéz, de Marcell Jankovics, photographié par Zoltán Bacsó Attila Csepela Irén Henrik Klári Kassai Csaba Nagy (1973)
- Eugénie de Franval, de Louis Skorecki, photographié par Christian Bachmann (1974)
- Between the Lines, de Joan Micklin Silver, photographié par Kenneth Van Sickle (1977)
- Quartet, de James Ivory, photographié par Pierre Lhomme, AFC (1980)
- Un mauvais fils, de Claude Sautet, photographié par Jean Boffety (1980)
- Ragtime, de Milos Forman, photographié par Miroslav Ondrícek (1981)
- Dialogue de Rome, de Marguerite Duras, photographié par Dario Di Palma (1982)
- Mishima, de Paul Schrader, photographié par John Bailey, ASC (1984)
- Toto qui vécut deux fois, de Daniele Ciprì, Franco Maresco, photographié par Luca Bigazzi (1998)