Un Chronomégaphone Gaumont bat tous les records de prix de vente pour un appareil de cinéma

Dimanche 7 juin 2015, avait lieu dans un château de Touraine la vente aux enchères d’un des premiers appareils du cinéma parlant, un Chronomégaphone, mis au point par Léon Gaumont en 1902 et perfectionné en 1910. Ayant appartenu à Charles Proust et en parfait état de conservation, il a été acquis pour 1,24 millions d’euros (frais compris) par un représentant de la société Gaumont.
Le Chronomégaphone de Charles Proust
Photo Maison de ventes Rouillac

« C’est non seulement l’appareil le plus sophistiqué parmi ceux conservés dans des collections publiques ou privées, mais il s’agit surtout du seul qui soit resté intégralement conservé avec tous ses accessoires, petits comme grands : malles et leur contenu, affiches, ainsi que 14 "phonoscènes" dont sept avec disques, ainsi qu’une dizaine de films muets », s’enthousiasmait avant la vente le commissaire-priseur Aymeric Rouillac.
L’appareil mis en vente avait été acheté au début de l’année 1912 pour 8 330 francs or – l’équivalent de deux millions d’euros. Charles Proust, son acquéreur tourangeau, avait pour ambition de faire fortune en faisant la tournée des villes du Mexique pour montrer ses "photoscènes".

Le modèle vendu, fonctionnant sur courant continu de 70, 110 ou 220 volts, est réparti en quatre malles :
- malle 1 : le Chronophone,
- malle 2 : le Chef-d’orchestre,
- malle 3 : le Phonographe,
- malle 4 : la Pompe à air comprimé.
Le son, enregistré sur le phonographe, est amplifié grâce à la pompe à air, synchronisé avec l’image sur pellicule par l’appareil baptisé "chef d’orchestre" et restitué grâce au Chronophone.

« Le cinématographe, pour nos yeux, enregistre le souvenir du mouvement ; le phonographe, pour nos oreilles, enregistre le souvenir de la parole. Réaliser l’alliance parfaite des deux instruments, c’est reconstituer le souvenir de la vie même. » Professeur d’Arsonval, Académie des sciences, Paris, 27 décembre 1910

Chronomégaphone Léon Gaumont

Fabriqué à une cinquantaine d’exemplaires, le Chronomégaphone équipe dès 1910 le Gaumont Palace et les grandes salles françaises ; il est envoyé à travers le monde, notamment en Europe, au Canada, aux Etats-Unis, au Mexique, en Inde, en Australie ou au Japon, selon son inventeur Léon Gaumont. Après de nombreuse aventures latino-américaines, du Mexique au Coasta-Rica en passant par Cuba, le Chronomégaphone de Charles Proust rentre en France en 1913 pour y sommeiller jusqu’au jour de sa mise en vente.