Festival de Cannes 2024

Les entretiens au Festival de Cannes 2024

Entretien avec Kadri Koop, "Encouragement Spécial Pierre Angénieux" 2024
"Koop de grâce", par François Reumont pour l’AFC

La lauréate 2024 du prix Encouragement Spécial Pierre Angénieux est d’origine estonienne, basée depuis déjà douze ans aux USA, après être passée juste après son bac par la Chine. Une première expatriation où elle a étudié, appris un peu la langue et tourné ses premiers films documentaires. Kadri Koop est donc une jeune femme curieuse de tout qui a multiplié les expériences à travers la planète et qui travaille désormais entre l’Europe et Hollywood. Lieu où elle réside et entretient un très beau potager sous le soleil californien. Elle est venue à Cannes nous parler d’images, de visages et de zooms ! (FR)

Rémy Chevrin, AFC, revient sur ses choix pour le film de Christophe Honoré, "Marcello Mio"
Par François Reumont pour l’AFC

Film de famille où chacun joue son propre rôle, Marcello Mio, de Christophe Honoré, se présente comme un biopic d’évocation très libre dans la lignée du I’m Not There, de 2007, consacré par Todd Haynes à Bob Dylan. Lancé dès sa scène d’ouverture sur le ton d’une farce, le film navigue de façon très étrange entre la comédie, les hommages aux grands films mythiques du comédien, et les références familiales très personnelles, que seuls les cinéphiles pourront déchiffrer. Rémy Chevrin, AFC, nous parle de ce projet extrêmement libre du cinéaste français avec qui il travaille depuis vingt-cinq ans... (FR)

Hélène Louvart, AFC, revient sur le tournage de "Motel Destino", de Karim Aïnouz
Par Brigitte Barbier, pour l’AFC

Après un détour par l’Angleterre pour tourner Firebrand / Le Jeu de la Reine, en sélection officielle l’an dernier sur la Croisette, Karim Aïnouz revient dans son pays pour y réaliser Motel Destino, un thriller érotique haut en couleur tourné tout près de sa ville natale, Fortaleza, au Brésil. C’est pour une troisième collaboration que la cheffe opératrice Hélène Louvart, AFC, s’engage au côté du réalisateur brésilien pour (re)créer l’univers visuel d’un lieu insolite et rendre sensible les relations humaines qui s’y passent, faite d’humour et de tensions. Pour la deuxième année consécutive, Karim Aïnouz est sélectionné en Compétition officielle pour cette 77e édition du Festival de Cannes. (BB)

Paul Guilhaume, AFC, revient sur les défis techniques du tournage de "Emilia Pérez", de Jacques Audiard
"Les passantes ", par François Reumont

Réussir en un film à mêler le drame familial, le thriller de narcotrafiquants, et la comédie musicale qui s’achève sur un air de Georges Brassens n’est pas forcément chose la plus aisée. C’est le défi inouï que s’est lancé Jacques Audiard avec Emilia Perez, l’ovni de la 77e sélection cannoise, et depuis ses 12 minutes d’ovation dans le Grand Théâtre Lumière, un des plus sérieux prétendants à la Palme d’or. Paul Guilhaume, AFC, déjà présent pour Les Olympiades, son dernier film en date vient nous raconter les coulisses de ce projet hors norme qui a nécessité près de trois années de préparation avant de voir le jour. Il évoque entre autres la recréation du Mexique en studio à Paris, et le travail sur le rythme qui a influencé sa mise en image du film. (FR)

Sverre Sørdal, FNF, évoque le tournage de "Sister Midnight", de Karan Kandhari
"Is she weird ?", par François Reumont pour l’AFC

Mélange inédit entre burlesque muet à la Buster Keaton et film de vampire qui convoque l’expressionnisme, Sister Midnight, de Karan Kandhari, est surtout un portrait féminin original dans le contexte des quartiers pauvres de Bombay. Si le réalisateur est d’origine indienne, il vit et travaille en Angleterre et son style de mise en scène, son utilisation de la musique trahissent tout à fait son sens de l’humour "so British". Voici les secrets de fabrication de cette étrange comédie dont le style alterne tout du long entre le trépidant et le très calme, évoquant le rythme d’une chanson des Pixies. C’est le directeur de la photo britannico-norvégien Sverre Sørdal, FNF, qui en signe les images, tournées en Kodak et Panavision. (FR)

Irina Lubtchansky, AFC, parle de sa collaboration avec Arnaud et Jean-Marie Larrieu sur "Le Roman de Jim"
Par Brigitte Barbier pour l’AFC

Adapté du dernier roman éponyme de l’écrivain Pierric Bailly, Le Roman de Jim (paru chez POL en 2021), interroge la paternité en dehors des liens du sang. Le tournage s’est passé entièrement dans le Haut-Jura, dans les décors décrits dans le livre. Ce sont les frères Larrieu, Arnaud et Jean-Marie – le tandem de réalisateurs qui tournent tous leurs films à la montagne, Peindre ou faire l’amour, Tralala…– qui s’emparent de ce mélodrame. Ils font appel à la directrice de la photographie Irina Lubtchansky, AFC, pour signer l’image de cette saga qui s’étale sur 25 ans. Elle nous propose un retour sur cette première collaboration avec deux réalisateurs qui donnent le ton au cinéma d’auteur français. Avec Le Roman de Jim, les frères Larrieu sont de retour au Festival de Cannes 2024, en sélection officielle Cannes Première. (BB)

Sébastien Buchmann, AFC, accompagne à l’image "Maria", de Jessica Palud
Par Brigitte Barbier pour l’AFC

Adapté du récit de Vanessa Schneider, Tu t’appelais Maria Schneider, Jessica Palud réalise son deuxième long métrage, Maria, et décrit les débuts destructeurs de la comédienne Maria Schneider. À travers la reconstitution d’une scène qui a fait scandale dans le film de Bernardo Bertollucci Le Dernier tango à Paris sorti en 1972, la réalisatrice dénonce la domination et l’abus de pouvoir dans le milieu du cinéma, sujet devenu d’une grande et nécessaire actualité. L’image du film, proposée par le directeur de la photo Sébastien Buchmann, AFC, accompagne subtilement ces années seventies et nous fait revisiter les plateaux de cette époque. Il revient sur cette expérience d’autant plus passionnante pour un homme d’image. Maria est présenté en Sélection officielle, Cannes Première, au Festival de Cannes 2024. (BB)

Raphaël Vandenbussche, nous parle de ses choix pour filmer "Eat the Night", de Caroline Poggi et Jonathan Vinel

Je suis heureux et ému de filmer à nouveau avec Caroline et Jonathan, dix ans après le court métrage Tant qu’il nous reste des fusils à pompe. J’aime leur travail. Eat the Night est fascinant et vertigineux. Car les personnages sont regardés avec tendresse ; et les acteurs dirigés avec goût, talent et justesse. Et humour ! Le film est en sélection à la Quinzaine des Cinéastes. (RV)

Jean-François Hensgens, AFC, SBC, nous parle de sa collaboration avec Daniel Auteuil sur "Le Fil"
Par François Reumont pour l’AFC

Avec Le Fil, Daniel Auteuil se livre à un exercice devenu un classique de la narration cinématographique, le film de procès. Un genre de film déja présent à Cannes l’année passée avec Anatomie d’une chute (qui décrocha la Palme d’or) et Le Procès Goldman, à la Quinzaine des Cinéastes. Ici, Daniel Auteuil et Jean François Hensgens, AFC, SBC, optent pour une narration alternée entre le présent de l’intrigue et les témoignages à la barre tentant de reconstituer le meurtre d’une mère par son époux. Avec des références qui sont à aller chercher du côté de Sydney Lumet, avec notamment Le Verdict et Paul Newman dont Daniel Auteuil s’est inspiré pour son interprétation. Un film sur les certitudes et le doute présenté Hors compétition dans le Grand Théâtre Lumière. (FR)

Balthazar Lab nous explique ses choix pour "September Says", d’Ariane Labed
Par Lucie Baudinaud, AFC

Diplômé de La Fémis en 2015, Balthazar Lab a travaillé sur de nombreux clips, spots publicitaires et courts métrages. En 2022, il a signé la photographie de La Jauria, de Andrés Ramírez Pulido (récompensé du Grand Prix de la Semaine de la critique en 2022). Il est présent à Cannes cette année dans la sélection Un Certain Regard avec September Says, le premier fim d’Ariane Labed.

Entretien avec Hiroshi Okuyama, réalisateur et chef opérateur de "My Sunshine"
"Hockey à Hokkaido" par François Reumont

Au milieu des paysages enneigés du nord du Japon, le cinéaste Hiroshi Okuyama livre un film de patinage artistique tout en couleurs pastel et hors du temps. Un trio de rôles pour un ex patineur vedette devenu entraîneur dans ce village très rural, une élève très prometteuse et un jeune hockeyeur maladroit et rêveur dont les yeux brillent pour cette dernière. Filmée par le réalisateur lui-même, cette fable délicate sur l’adolescence, les non-dits et la transmission est présentée dans la sélection Un Certain Regard de la compétition Cannoise. (FR)

Benjamin Kračun, BSC, évoque son travail sur "The Substance", de Coralie Fargeat
"Deux palmiers et un mur rose", par François Reumont

Variation sous stéroïdes d’un classique de la littérature fantastique (Dorian Gray, d’Oscar Wilde, ou La Peau de chagrin, de Balzac), The Substance offre à la réalisatrice Coralie Fargeat l’occasion de repropulser en haut de l’affiche deux super stars des années 1980... et de déverser des milliers de litres de sang sur l’écran du Grand Théâtre Lumière. Si les hommages très affirmés au Shining, de Stanley Kubrick, ou au Vertigo, d’Alfred Hitchcock, se remarquent en un clin d’œil, le directeur de la photographie britannique Benjamin Kračun, BSC, cite également le Répulsion, de Roman Polanski, ou le Total Recall, de Paul Verhoeven, deux autres grands films de studio. Il vient également nous expliquer comment cet étrange film qui transpire la Californie a été tourné intégralement en France, entre Paris et Nice… The Substance est en compétition pour la 77e Palme d’or. (FR)

Claire Mathon, AFC, revient sur ses choix pour mettre en images "Miséricorde", d’Alain Guiraudie
Par Céline Bozon, AFC et Hélène de Roux

« Tu ne vas pas prendre la route ce soir ? », et voici que le séjour de Jérémie dans son village d’enfance, où il est venu assister aux obsèques de son ancien patron, dure plus que prévu. A force d’arpenter la forêt automnale à la recherche de cèpes et de rendre des visites incongrues à ses copains d’enfance, il tisse une toile de désirs et de frustrations dont les fils semblent lui échapper.
Pour leur troisième film ensemble après L’Inconnu du lac et Rester vertical, Alain Guiraudie et Claire Mathon nous replongent dans un (film) noir dont l’exploration est infinie, et dont les visages étonnés qui s’en détachent nous marqueront longtemps.

Antoine Cormier évoque la fabrication du film "Le Royaume", de Julien Colonna
Par Brigitte Barbier pour l’AFC

Julien Colonna, pour son premier long métrage, Le Royaume, désire retracer l’histoire d’une jeune fille qui découvre la véritable nature de son père et qui va tenter de l’aimer à tout prix. La relation ainsi tissée ressemble à un parcours initiatique sur les routes de l’île de Beauté. Un film avec des Corses, tourné en Corse, par un cinéaste corse. C’est avec le chef opérateur Antoine Cormier que nous allons nous immerger dans la fabrication de ce thriller à double facette. Après avoir enchaîné des tournages comme assistant caméra pendant trois ans, Antoine Cormier éclaire des courts métrages, des clips et des publicités. Sa passion : tourner en argentique. Lorsqu’il rencontre Julien Colonna sur une pub, ils partagent cette passion et le talent de faire "bien avec peu". Le Royaume est en Sélection officielle à Un Certain Regard au 77e Festival de Cannes. (BB)

Michaël Capron évoque son travail sur "Mongrel", de Wei Liang Chiang

Après avoir intégré le département Image de La Fémis, dont il sort diplômé en 2010, Michaël Capron tourne son sixième long métrage en tant que directeur de la photographie avec Mongrel, de Wei Liang Chiang – coréalisé par You Qiao Yin –, film sélectionné à la Quinzaine des Cinéastes 2024. Déjà venu sur la Croisette, il a également été directeur de la photographie sur le film de Vincent Le Port, Bruno Reidal, en sélection à la Semaine de la Critique en 2021. (NDLR)

Sophia Olsson nous parle de son travail sur "When the Light Breaks", de Rúnar Rúnarsson
"La jeune fille et la mort", par François Reumont

Présenté en ouverture d’Un Certain Regard, le nouveau film du réalisateur islandais Rúnar Rúnarsson parle de deuil, et de mensonges. La jeune comédienne et chanteuse islandaise Elin Hall y compose un personnage tout en ambiguïté, partagé entre sa douleur d’avoir perdu son homme, et l’impossibilité de le révéler aux autres... C’est la directrice de la photographie suédoise Sophia Olsson qui a mis en image ce film, presque entièrement tourné dans la capitale islandaise et dont certains lieux emblématiques évoqueront sans doute des choses aux amoureux de cette ville un peu hors du temps. (FR)