"Chrétien et l’invention de l’Hypergonar" – "Les premières années du CinemaScope"

Conférences de Françoise Le Guet Tully et Jean-Pierre Verscheure

La Lettre AFC n°265

Pour sa dernière séance de la saison 2015-2016, le Conservatoire des techniques cinématographiques élargit au format Scope le cadre de ses conférences en proposant à Françoise Le Guet Tully et Jean-Pierre Verscheure de retracer l’historique d’un procédé – mis au point par Henri Chrétien avec son Hypergonar – qui, grâce aux nouvelles optiques anamorphiques, a encore de beaux jours devant lui à l’ère du cinéma numérique.

Avec projection de films 35 mm rarissimes et présentation d’objectifs de prise de vues et projection des premiers temps du CinemaScope : premiers objectifs de Chrétien, STOP, Bausch & Lomb, Panavision (don Panavision 2016)…

L’histoire de la mise au point du CinemaScope et de sa diffusion commerciale est étonnante. Un astronome français, Henri Chrétien, imagine au milieu des années 1920 des objectifs qui permettent d’anamorphoser l’image à la prise de vues, puis de la désanamorphoser à la projection. Des brevets sont déposés en 1927, des essais sont tournés (Construire un feu, d’Autant-Lara) et des projections spectaculaires sont réussies (en 1937 à l’Exposition universelle).
Mais c’est seulement en 1953 que la Twentieth Century Fox s’emparera de la géniale invention, pour en faire le fameux CinemaScope, avec l’aide active de Chrétien. S’ouvre alors pour le cinéma une ère nouvelle : le cadre s’élargit, l’image change radicalement, de même que les sons (stéréo magnétique 4 pistes) et les écrans (l’incurvé Miracle Mirror Screen). Comment l’Hypergonar (premier nom du CinemaScope) a-t-il été conçu par Chrétien ? Comment le Scope a-t-il triomphé sur les écrans à partir de 1953 ? Quels ont été les premiers films tournés par la Fox ? Conférences illustrées par de nombreux documents et films rares, avec présentation des premiers objectifs originaux de Chrétien datant de 1927 et 1953.

Françoise Le Guet Tully, astronome honoraire à l’Observatoire de la Côte d’Azur, est légataire des archives d’Henri Chrétien. Elle a participé à l’ouvrage dirigé par Jean-Jacques Meusy, Le Cinémascope, entre art et industrie (Paris, AFRHC, 2003).

Jean-Pierre Verscheure est professeur honoraire à l’INSAS de Bruxelles, membre du conseil scientifique du Conservatoire des techniques et de plusieurs associations internationales. Historien des techniques cinématographiques et collectionneur, il est à l’origine d’un centre d’études et de recherches sur l’évolution des techniques cinématographiques, Cinévolution, dans lequel plus de soixante-quinze systèmes sonores ont pu être restaurés.

Prochaine conférence du Conservatoire des techniques : octobre 2016…