Comité technique Imago 2012 - Réunion de Bruxelles

Par Philippe Ros, AFC

par Philippe Ros La Lettre AFC n°223

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Philippe Ros, AFC, membre du Comité technique d’Imago (Fédération européenne des directeurs de la photographie), nous livre – avec retard dû à un déplacement à l’étranger – un compte rendu de la dernière réunion de ce comité qui s’est tenue à Bruxelles en mars 2012.

Le vendredi 9 mars, une visite était organisée à Kuurne (Belgique) pour découvrir les nouveaux projecteurs numériques Barco. Je n’ai malheureusement pas pu y participer.
Le comité technique s’est tenu au Studio l’Equipe Brussels de 10h30 à 19 heures.
Etaient présents :
- Kommer Kleijn SBC (Président)
- John Christian Rosenlund FNF
- Hakan Holmberg FSF
- Rolf Coulanges BVK
- Philippe Ros AFC
- Bastiaan Houtkooper NSC
- Jarek Szoda PSC (Bienvenue à ce nouveau membre !)
- Marek Jicha ACK (Invité)
- Ella van den Hove SBC (Invitée représentant le Comité Technique de la SBC).

1. Kommer ouvre la réunion en remerciant notre hôte, le " Studio l’Equipe "

2. Approbation de l’ordre du jour avec en addition les problèmes rencontrés sur les niveaux de noir lors des projections numériques lors du festival de Berlin. Sujet proposé par Rolf.

3. Approbation du compte rendu de la dernière rencontre.

4a. Nomination du modérateur : Kommer est choisi. Bastiaan prend les notes et demande quelques minutes à la fin de chaque sujet pour formuler ensemble les conclusions et les écrire.

4b. Discussion sur les niveaux de noir (ajouté à l’ordre du jour). Conclusion évidente : les DCP ont besoin d’être vérifiés comme n’importe quelle copie. Marek a rencontré des problèmes similaires et conduit actuellement des recherches. La vérification doit s’opérer en croisant les masters DPX et les DCP. Des différences sont notées entre la projection de mêmes copies dans différentes salles en Europe, rien de nouveau hélas compte tenu de la prolifération des écrans " silver ".
Rolf et Marek se proposent de faire un point sur ce problème de niveau de noir.
Nous souffrons toujours d’un problème de standardisation, il existe un standard pour le DCP (la copie numérique finale), un standard pour le DCDM (Digital Cinema Distribution Master) que l’on peut considérer comme un interpositif, mais il n’existe pas de standard pour le DSM (Digital Source Master) que l’on peut considérer comme la confo.

5. Label Imago pour la qualité des projections
Une initiative intéressante en Norvège : John Christian a fait en Norvège un DCP de démo pour comparer les projections.
Durant une journée, une tournée des cinémas sous la responsabilité de John Andreas FNF, a eu lieu, avec grand succès, avec un groupe de directeurs de la photo, d’ingénieurs du son et de propriétaires de salles pour comparer la qualité des projections. Le début du " Theater Tour " a commencé au laboratoire afin de donner une référence à tous les participants.
L’idée est que cette démo soit distribuée à tous les membres des comités techniques d’Imago afin qu’ils étendent cette méthode à tous les pays. John Andreas va transmettre à Imago un rapport sur cette excellente initiative.

Pour revenir au Label, il y a il a été suggéré d’utiliser une méthode en deux étapes pour obtenir une meilleure image et un meilleur son dans les cinémas :
- Première étape : Rendre la démo d’Oslo/Imago disponible pour les cinémas. Commencer une discussion avec l’ensemble des propriétaires de salles d’une façon amicale pour les amener à accepter l’idée de ces projections de contrôle.
- Seconde étape : Faire un standard avec des valeurs mesurées, le passer dans les salles et leur donner un label Imago.
Remarques : Le label pourrait avoir différents niveaux : Parfait, Moyen et Bas. Ou des étoiles, on pourrait retrouver ces niveaux de qualité sur les invitations lors des projections de presse.
Suggestion afin de rester positif :
- 1 étoile = projection correcte,
- 2 étoiles = bonne projection,
- 3 étoiles = excellente projection.

Pour la première étape, le CT d’Imago va inviter quelques membres pour voir ces projections.
Pour la seconde, Kommer va écrire un minimum de spécifications techniques pour désigner les niveaux d’étoiles.
Dans 4 mois nous pourrons rédiger les résultats et préparer les étapes suivantes. Une présentation est envisagée à IBC.

6. Ecrans argentés, Silver Screen
A savoir : un des fabricants d’écrans argentés les plus importants pousse pour qu’il y ait une différence de standard entre les projections films et les projections numériques.
Bien évidemment avec un standard qualitativement plus bas pour les projections numériques.

Les écrans argentés à haut niveau de gain en dessus de 1.4 sont inacceptables dans la plupart des cinémas (à part peut-être dans les salles extrêmement larges). Ce qui est moins connu c’est que les écrans argentés donnent moins de séparation stéréoscopique quand l’angle de vue s’accroit. En clair moins on est au centre de la salle plus on souffrira d’une vision de la 3D médiocre. (Que les membres autorisés de UP3D corrigent cette affirmation si nécessaire !)
La qualité des écrans va d’un facteur de gain de 1.0 (très bon) à 1.4 (bon, généralement écran perlé).
Les écrans perlés avec des facteurs de 1.8 à 2.2 sont promus par les fabricants d’écrans mais ne peuvent donner l’uniformité requise.
Les écrans argentés sont généralement à 2.3 ou 2.4, ils donnent une perte de lumière inacceptable selon la place du spectateur par rapport à l’axe médian.
Suggestion de Kommer d‘écrire un papier pour expliquer d’une manière simple les problèmes, de l’apporter au bureau d’Imago et de le délivrer à tous les fabricants et associations de directeurs photo.
En France, comme nous le savons ; le CNC a annoncé le 7 mars 2012 l’interdiction de tous les écrans argentés dans les 5 années à partir de cette date.
Deux suggestions :
- Coupler le label de projection Imago à la qualité des écrans ?
- Créer une base de données sur les salles de cinémas sur le site d’Imago et ajouter un système de correction et de classement. Chaque association étant en charge de réunir les données dans son propre pays.

7. Vitesse de projection
Kommer nous fait part des changements et mises à jour depuis cette année.
Le standard AFR (Additional Frame Rate) qui ajoute les vitesses 25, 30, 50, 60 à la vitesse de 24 est maintenant un standard ISO (official international standard).
Lire l’article de Kommer sur le site d’Imago.

La vitesse de projection des archives (16, 18, 20, 22) est maintenant un standard SMPTE.
New work a commencé à projeter récemment des films en HFR (High Frame Rates) standard (48, 50, 60 " par œil " pour la stéréo, 96, 100, 120 i/s pour la 2D).

Suggestion de mettre la possibilité de projeter à 25 i/s comme étant obligatoire si les salles veulent obtenir une étoile dans le système de classification des projections d’Imago.

Pour information : beaucoup d’européens se trouvent obligés, parfois, sur des projets de film à petit budget, de tourner à 25 i/s. Pour avoir un DCP à 24 il faut s’offrir une harmonisation à 24 i/s pour le son et on est obligé de modifier (légèrement) la vitesse de déplacement des acteurs. Sinon on est obligé de faire un DCP à 25 i/s. Il faut savoir qu’actuellement, en Europe, 80 % des projections numériques sont capables de reconnaître automatiquement la vitesse du DCP. Les autres…

8. L’autorisation d’archives numériques par Marek Jicha (directeur photo et professeur à la FAMU Academy, école de cinéma à Prague).
Marek explique son article à propos des archives numériques et la relation avec les droits d’auteur.
La question concerne le respect de l’œuvre originelle dans le cas de restauration numérique d’un film tourné en 35 mm. Qui doit être présent lors du processus, qui doit être en charge de cette lourde responsabilité ?
Le CT est d’accord avec le nom de DRA (Digitally Restored Authorization) et avec la définition de " original of film ".
Le CT n’est pas d’accord avec la présence de " restaurateurs " numériques de film lors du processus sans le directeur photo et souhaite transférer la question des royalties au comité des droits d’auteur d’Imago.
Lire à ce sujet le PdF ci joint sur la restauration numérique d’Au feu les pompiers (The Firemen’s Ball) de Miloš Forman (1967), directeur de la photo : Miroslav Ondříček.

NATIONAL FILM ARCHIVE ON THE DIGITAL RESTORATION OF MILOŠ FORMAN ́S THE FIREMAN ́S BALL

9. SuperDPX, IIF et ACES – Les nouveaux types de fichiers ou containers pour la postproduction
www.imago.org/index.php ?new=575
Grand merci à Franck Montagné qui rappelle que le terme format est trop confus. Si l’on parle des DPX utilisés en postproduction, les DPX peuvent contenir du 2K, du 4K, être en 10 bits, 12 bits, RVB, etc.
Le CT reconnaît que le travail effectué sur le Super DPX n’a plus de raison d‘être depuis qu’il a été intégré dans le travail sur l’IFF (Image Interchange Framework). Le CT reçoit avec plaisir les remerciements de David Stump, ASC qui nous signale que notre travail a été utilisé par l’AMPAS.
Bastiaan supprime le site superdpx.com/org/info/eu

10. Gestion des données et Comité technique
Ella présente les résultats de son questionnaire sur la gestion des données et partage son plaisir d’avoir un comité technique au sein de la SBC.

Suggestion de toujours inviter un représentant du comité technique dans le pays où a lieu la réunion du CT d’Imago.
Je rappelle que l’AFC ne s’est toujours pas doté d’un comité technique.

11. Les informations sur le matériel caméra et les accessoires.
Philippe Ros exprime sa préoccupation quant aux informations incomplètes et parfois fausses de certains fabricants de caméras et d’accessoires.
Les stratégies pour faire face à ce problème sont discutées. Les membres vont soumettre des articles et des liens au comité et s’il y a un consensus sur ces informations nous les mettrons sur le site d’Imago afin d’informer tous les membres.
Le comité prévoit de mettre la pression sur les fabricants afin que leurs informations soient correctes.
Nous prévoyons d’initier des dialogues directs avec les fabricants. La première étape devrait être de contacter Arri à Munich. Rolf travaille sur ce point.

12. Sélection du nouveau responsable du CT pour l’année prochaine
Pas de volontaires. Il est convenu que nous demanderons de l‘aide pour l’organisation des réunions auprès de l’association du pays qui accueille cette rencontre. SBC a été en charge avec succès de l’organisation de cette réunion à Bruxelles.
Un grand merci à Ella.
Il serait aussi apprécié que l’association locale puisse prendre en charge la prise des notes durant la réunion.
Kommer accepte de continuer à présider le comité technique.

13. Logiciel de traitement des données.
John Christian Rosenlund parle de son logiciel de traitement des données (qu’il avait présenté au Micro Salon cette année). Une rapide démonstration sur les différentes applications sur iPhone et iPad. Nous sommes tous impressionnés et nous nous renseignons sur les détails.

Nom de la compagnie : Drylab R&D
Le produit s’appelle Keyframe qui contient le Dailies Creator et le Dailies Viewer
Et le CamReport.
https://drylab.zendesk.com/hc/en-us

14. et 15. Rien

16. Le prochain meeting est prévu lors du Cinec, le lundi 24 septembre.

Le comité remercie le Studio l’Equipe pour son hospitalité et le repas, la SBC pour son aide et le dîner, Ella et Kommer pour l’organisation de cette rencontre.