Continuer

Ce film raconte l’histoire d’un voyage, un voyage à cheval dans une région montagneuse à la frontière entre l’Europe et l’Asie. Sibylle a organisé ce voyage avec son fils Samuel, jeune adulte, pour tenter de lui inculquer des valeurs de base en le confrontant à des gens simples et accueillants mais, avant tout, pour réparer ce qu’elle a brisé ou échoué.

Joachim m’a demandé de lire le livre de Laurent Mauvignier, Continuer, à peu près un an avant le tournage. J’ai pu, grâce à cela, observer comment il s’est approprié cette histoire, comment il a développé le point de vue qui fait de ce film, une fois encore, quelque chose qui le raconte, lui. Très vite, il a partagé avec moi son envie de western, de grands espaces et d’une image qui aide le spectateur à tout autant voyager que nos deux personnages.
Nous avons fait beaucoup de repérages et de nombreux essais. Une question s’est très vite posée. Comment filmer des chevaux qui marchent ou galopent dans des endroits accessibles uniquement à pied ou à cheval ?
Joachim n’aime pas filmer en contre-plongée, il fallait donc de ce fait que la caméra soit à la hauteur des cavaliers. N’ayant aucune pratique de l’équitation, ce n’était pas envisageable pour moi de filmer en montant sur un cheval.

Aux manivelles, Jean-Francois Hensgens commande le Maxima tenu par Marco Luraschi, à cheval
Photo Eric Bialas

Après avoir étudié plusieurs solutions, c’est Marco Luraschi, aidé de Pascal "Chino" Madura, qui a suivi ou précédé, à cheval, nos personnages en tenant la caméra équipée d’un Maxima (système de stabilisation Arriflex) accroché par un Easy Rig à sa selle. Le Maxima était commandé par une tête à manivelles accrochée dans un sac sur le dos de Simo, mon chef machiniste. Nous suivions les chevaux à pied, parfois sur plusieurs kilomètres car Joachim avait, comme souvent dans son cinéma, une envie de durée. Cadrer à la tête manivelles en marchant et parfois dans le lit d’une rivière n’est pas des plus facile mais c’est la meilleure solution que nous ayons trouvée.

Simo El Oirdi (chef machino), Jean-Francois Hensgens et Joachim Lafosse
Photo Eric Bialas

Le désir d’image de Joachim, désir partagé avec moi bien sûr, m’a poussé à choisir une RED (caméra avec laquelle je travaille depuis pas mal d’années maintenant) plutôt qu’une solution plus légère mais qui m’aurait obligé à des compromis. Idem pour les optiques puisque nous avons tourné ce film avec une série Cooke anamorphique pour le jour et une série K 35 pour les nuits, l’équipement venait de chez TSF, partenaire privilégié une fois encore.

Ce genre de film en lumière naturelle ne peut trouver son ambition visuelle que si le réalisateur et les comédiens jouent le jeu et acceptent de se contraindre aux horaires déterminés par le directeur de la photo. C’est ainsi que ça s’est passé et, évidemment, je les en remercie. J’ai néanmoins dû, parfois, m’adapter car il y avait une difficulté supplémentaire : les chevaux. Ceux-ci font entièrement partie de l’histoire, la relation entre Samuel et ses chevaux est une des clés du récit.
Je n’aurais pas pu mener ce projet à bien sans la complicité d’Eric Bialas qui a cadré la seconde caméra ni bien sûr sans Amaury Duquenne, mon assistant caméra depuis pas mal de temps.
L’équipe marocaine avec laquelle j’ai déjà fait plusieurs films, Simo El Oirdi (chef machino) et Brahim El Mazrhi (chef électro) a été parfaite, comme à chaque fois.
Le film a été étalonné chez Mikros image à Bruxelles par Richard Deusy, le résultat final lui doit beaucoup.

Dans le portfolio, ci-dessous, une photo de tournage et quelques photogrammes issus du film.

Portfolio

Crew

Cadreur 2e caméra : Eric Bialas
Cadreur équestre : Marco Luraschi, assisté de Pascal "Chino" Madura
Assistant caméra : Amaury Duquenne
Chef machiniste : Simo El Oirdi
Chef électricien : Brahim El Mazrhi

Technical

Matériel caméra : TSF Caméra (RED, série Cooke anamorphique et série K 35)
Etalonnage : Richard Deusy chez Mikros image, Bruxelles