Coup de chaud

C’est la troisième fois que je travaille avec Raphaël Jacoulot. Dans chacun de ses films, l’environnement hostile fait partie du récit. Dans son premier film, Barrage, le drame se déroule dans un univers froid et humide. Dans Avant l’aube, nous sommes dans les montagnes enneigées. Coup de chaud se passe dans la campagne en pleine canicule.

Nous avons tourné dans un village-décor. La plupart des décors étaient sur place, et nous pouvions filmer dans tous les axes. Les habitants ont joué le jeu à fond pour nous faciliter le travail.
Le plan de travail a dû s’adapter à une météo assez capricieuse. Pour le récit, il fallait une baisse du niveau d’eau dans les étangs et un aspect de plus en plus sec de la nature.

Le titre Coup de chaud évoquant à la fois les contextes climatique et psychologique, il s’agissait d’évoquer à l’image la montée d’une tension inéluctable à l’issue dramatique. Nous voulions que le spectateur puisse ressentir les effets de la canicule à l’image. Nous avons choisi de ne pas signifier la chaleur par une lumière artificiellement chaude mais plutôt par une lumière forte et neutre : montrer un soleil de plomb, une lumière zénithale avec un violent contraste ou bien une atmosphère lourde, moite et une lumière diffuse.
Le choix à été de partir avec assez peu de lumière électrique, de jouer la clarté aveuglante en extérieur jour, et la pénombre en intérieur en subissant la lumière naturelle ou en la maîtrisant dans la mesure du possible.
Faire avec la lumière du soleil en la coupant, la diffusant ou en essayant de la reconstituer quand c’était nécessaire. Au tournage comme à l’étalonnage, j’ai choisi de laisser claquer les hautes lumières venant de l’extérieur et de les renforcer dans certains cas.
Nous avons tourné une caméra Arri Alexa en ProRes 4:4:4 (et non en RAW !), une série Cooke S4 et un zoom Angénieux Optimo 24-290 mm.

La chaleur, les sentiments et les tensions se lisent sur les visages. Il était important de garder ou de créer les brillances et les rougeurs.
Comme dans un western, la torpeur, le calme apparent du village et de la campagne en été sont évoqués par des plans larges fixes ou en mouvement sur dolly ou slider, tandis que pour le drame qui se noue, la caméra à l’épaule a été privilégiée. Le point de vue caméra alterne entre celui des habitants du village et celui de Joseph, la victime.

Production : TS ProductionsGilles Sacuto et Miléna Poylo

Portfolio

Équipe

1ers assistants opérateurs : Eric Devin, Sylvain Viricel, Sarah Dubien
2e assistante opératrice : Aurore Haas
Chef électricien : Germain Calvignac
Chef machiniste : Camille Bonin

Technique

Matériel caméra : Panavision Alga
Matériel électrique : TSF Aquitaine et TSF Lumière
Matériel machinerie : TSF Grip
Laboratoire : M141
Etalonneur : Christophe Bousquet