"Histoires de la couleur à l’écran"

Journée d’études internationale, en collaboration avec le Centre Pompidou et le CNC

La Lettre AFC n°306

Qu’attend-on de la couleur à l’écran ? C’est cette vaste question que se poseront la Cinémathèque française et ses invités, mercredi 4 mars, dans le cadre du festival "Toute la mémoire du monde" (4-8 mars 2020). Pour tenter d’y répondre, "Histoires de la couleur à l’écran" réunira des personnalités aussi variées qu’une directrice et un directeur de la photographie, des universitaires, une historienne, une cheffe de service de laboratoire, une directrice de cinémathèque et une artiste cinéaste.

Les esthétiques et les multiples évolutions techniques qui ont ponctué l’histoire visuelle du vingtième siècle pouvaient rechercher des effets parfois très éloignés les uns des autres. Spectaculaire ou naturaliste, phantasmatique ou réaliste, la couleur dans l’image en mouvement est un sujet qui ne cesse de fasciner et stimuler à la fois la recherche et les pratiques artistiques.
Juxtaposant les approches scientifiques et l’investigation sensible, cette journée d’études réunit restaurateurs, artistes et historiens du film et des médias. On reviendra notamment sur des procédés chromatiques oubliés et leur conservation-restauration, mais on posera également un regard sur les pratiques de production d’images, avec ou sans caméra, en ouvrant la réflexion avec la directrice de la photographie Caroline Champetier, pour la terminer avec la présentation d’un film de pure couleur de l’artiste Margaret Honda (en 70 mm).

Programme d’"Histoires de la couleur à l’écran"

  • 9h30-12h45
    • 9h30 Ouverture : Caroline Champetier (45 min). Vers la couleur.
    • 10h15 Priska Morrissey. La couleur en noir et blanc : pour une histoire de la sensibilisation chromatique des émulsions négatives au temps du muet
    • 10h45 Pause café
    • 11h15 Barbara Flückiger. Esthétiques des matériaux, technologies et numérisation des films anciens en couleur.
    • 11h45 Simone Appleby. La restitution numérique des procédés autochromes pellicule. Première – travaux de restauration en cours.
    • 12h30 Questions/réponses

Pause déjeuner

  • 14h-17h
    • 14h François Ede. Projection commentée d’images tournées avec le procédé Keller-Dorian (1922-1930) restaurées.
    • 14h30 Daniela Curro. Des courts documentaires aux productions populaires : les aventures de la Ferraniacolor, la première pellicule couleur produite en Italie.
    • Pause
    • 15h15 Susan Murray. Jamais deux fois la même couleur : gestion de la couleur dans la télévision américaine d’Après-guerre
    • 16h Questions/réponses
    • 16h15 Margaret Honda. Présentation et projection de Spectrum Reverse Spectrum, film de pures couleurs tiré aux laboratoires FotoKem à Los Angeles. (70 mm, 20 min)
    • 16h45 Questions/réponses.

En vignette de cet article, un exemple de teinture et de virage sur une image en couleur - Collection Eye, Amsterdam

Biographies :
Caroline Champetier. Vers la couleur.
Caroline Champetier est directrice de la photographie. Elle a travaillé entre autres avec Jean-Luc Godard, Claude Lanzmann, Jacques Doillon, Philippe Garrel, Léos Carax, Xavier Beauvois et Nobuhiro Suwa. Elle a présidé l’AFC de 2009 à 2012. Depuis 2012, elle supervise les restaurations du catalogue Why Not.

Priska Morrissey. La couleur en noir et blanc : pour une histoire de la sensibilisation chromatique des émulsions négatives au temps du muet
Priska Morrissey est maître de conférence à l’université Rennes 2. Elle est spécialiste des métiers et des techniques du cinéma et plus particulièrement de la lumière et du métier d’opérateur de prise de vues.

Barbara Flückiger. Esthétiques des matériaux, technologies et numérisation des films anciens en couleur.
Barbara Flückiger occupe la chair d’études cinématographiques à l’université de Zurich. Son travail actuel a pour objet l’interaction entre la technologie et l’esthétique. Lauréate en 2015 de la prestigieuse Advanced Grant du European Research Council pour son travail sur la technologie et l’esthétique de la couleur au cinéma, elle a obtenu une deuxième fois cette bourse en 2018 pour la conceptualisation d’un scanner cinématographique multispectral et adaptable. Sa timeline des couleurs cinématographiques au cours de l’histoire est à consulter en cliquant ici.

Simone Appleby. La restitution numérique des procédés autochromes pellicule. Première – travaux de restauration en cours.
Simone Appleby est cheffe de service du laboratoire de restauration du CNC et spécialiste des formats larges. Elle a auparavant travaillé chez Eclair comme Responsable Equipe Technique Image.

François Ede. Projection commentée d’images tournées avec le procédé Keller-Dorian (1922-1930) restaurées.
Documentariste et directeur de la photographie notamment pour Raoul Ruiz, François Ede supervise des restaurations de films (Playtime, Jour de fête, Yoyo). Il est membre du Conservatoire des techniques cinématographiques de la Cinémathèque française.

Daniela Curro. Des courts documentaires aux productions populaires : les aventures de la Ferraniacolor, la première pellicule couleur produite en Italie.
Daniela Curro dirige le Centro Sperimentale di Cinematografia - Cineteca Nazionale où elle supervise les collections ainsi que différentes activités (acquisition, préservation, programmation, recherche de fonds). Elle a auparavant travaillé au George Eastman Museum à Rochester, aux laboratoires Haghefilm à Amsterdam et au Museo Nazionale del Cinema de Turin.

Susan Murray. Jamais deux fois la même couleur : gestion de la couleur dans la télévision américaine d’Après-guerre.
Susan Murray est une historienne des industries culturelles, des médias et des moyens de communication. Spécialiste de la télévision, elle écrit en 2018 Bright Signals : A History of Color Television, récompensé par le Katherine Singer Kovacs Book Award.

Margaret Honda. Présentation (20min) et projection de Spectrum Reverse Spectrum (70mm, 20min)
Margaret Honda est diplômée d’histoire de l’art à l’université de Californie. Elle est à la fois plasticienne, performeuse et photographe. Elle réalise des films se concentrant sur le médium pellicule et ses aspérités : des images effacées par l’usure et dont il ne reste que le son (Wild flowers, 2015) ou même de la pellicule 70 mm exposée manuellement (Spectrum Reverse Spectrum, son premier film réalisé en 2014).