"Je filme donc je pense", saison 1 (2020-2021)

Projet pilote d’éducation à l’image et de pratique cinématographique

La Lettre AFC n°317

L’éducation à l’image est l’un des enjeux majeurs du cinéma aujourd’hui. Élaboré et développé depuis septembre 2020 par l’association "L’Arbre Vert du 93", le projet pilote "Je filme donc je pense" mêle intimement la capacité réflexive des enfants de différentes écoles* et la pratique cinématographique. Pour cela, il propose aux élèves plusieurs ateliers pendant leur temps scolaire afin de les mener jusque à la coréalisation d’un court métrage qu’ils ont écrit et qu’ils interprètent.

Les ateliers proposés :
- Un atelier de philosophie qui a pour but de développer la pensée des élèves et de les aider à l’exprimer. Lors de ces ateliers, chaque groupe a dégagé un thème à analyser pour en distinguer plusieurs points de vue et problématiques (monstres, famille, rire...)
- Un atelier d’éducation à l’image qui a pour but d’apprendre aux élèves à regarder et analyser une image par le biais d’un apprentissage thématique des bases techniques du cinéma. Pour cela plusieurs activités ont été proposées. Tout d’abord, les élèves ont créé une caméra en carton avec laquelle ils ont tourné un moment de vie qu’ils ont ensuite raconté en classe. De plus, les élèves ont pu étudier des séquences de films qu’ils ont pu choisir selon leurs intérêts afin de les analyser plan par plan.
- Un atelier scénario qui permet de découvrir l’écriture de scénario et la construction d’un récit. Pour cela, les élèves ont un apprentissage thématique concernant les bases de l’écriture de scénario. De plus depuis 5 semaines, les élèves ont commencé à créer un récit collectif qui leur permettra de réaliser leur court métrage.
- Un atelier jeu d’acteur qui leur permet de prendre conscience de leur corps et d’aborder les techniques de jeu autour d’exercices de concentration ou d’improvisation spontanée, entre autres. Ils commencent progressivement à apprendre comment interpréter un rôle.

En janvier 2011, une session de pitch (court résumé oral) a été organisée entre les deux écoles en visioconférence afin de permettre aux élèves de se rencontrer et de prendre connaissance des projets de films de chaque groupe. Les ateliers se poursuivront, puis des groupes d’élèves seront guidés de façon plus spécifique en fonction de leur appétence respective (son, image, jeu, etc.). A la suite des tournages, des ateliers de montage image et son auront lieu ainsi que le mixage et l’étalonnage.
Enfin, les élèves participeront à la diffusion de leur film. Une projection aura lieu suivie d’un débat autour de l’objet fini en rapport avec le projet imaginé. Ils pourront également projeter les films aux collèges qu’ils intégreront l’année suivante en sixième.

Julie Grünebaum, AFC, cofondatrice avec Véronique Briand et Sarah Tassimot de "L’Arbre vert du 93", présente à sa manière ce projet pilote.
« Je crois bien qu’un des aspects que j’aime le plus dans notre belle pratique de "cinematographer" est le compagnonnage et la transmission qui va avec.
J’ai aimé rester film après film auprès des directeurs de la photo dont j’ai été l’assistante et, comme directrice à mon tour, j’ai aimé être entourée des mêmes, jusqu’à ce que chacun(e) grandisse et s’en aille un peu plus loin faire collectif et transmettre à son tour.
Il y a maintenant une dizaine d’années, je me suis engagée plus radicalement sur ce chemin de la transmission et j’essaie d’y mener un travail de passeuse, comme je l’avais expliqué au Micro Salon en 2019 lors de la présentation du collectif "Femmes à la caméra". Et dans cette réflexion qui m’anime, assez rapidement, j’ai fait un double constat :
- Il fallait œuvrer plus tôt, beaucoup plus tôt qu’en secondaire
- et, a fortiori, selon les territoires où l’on porte son regard.
Ainsi, dans la cour de récré de l’école de mon fils aîné, commune du 93, cages de foot au centre de l’espace et poubelles dans un coin, probabilité quasi nulle qu’une petite fille de sa classe risque de se rêver femme à la caméra, un jour…
J’ai donc, logiquement, relié l’action à l’analyse et construit l’outil qui me manquait : l’association L’Arbre Vert du 93 et son projet pilote "Je filme donc je pense", lauréat de l’appel à projets de la Fondation de France "Grandir en cultures".

Il y a peu, 125 enfants de 10 et 11 ans, ont "pitché" leurs scénarii. Silence, concentration, écoute et joie dans les préaux. Pas un seul n’a "perturbé" le déroulement de la séance au grand étonnement des enseignant(es), des AESH** et du personnel des écoles.
Je n’étais pas étonnée. Permettre le désir, légitimer le rêve, apprendre autrement, reconnaître chaque enfant dans sa singularité et ne surtout pas l’évaluer changent sacrément la donne !
Durant les deux semaines de vacances de printemps, nous serons en tournage et j’espère que nous pourrons projeter les dix films en séance inaugurale, au cinéma Le Trianon de Romainville.
Les temps sont lourds et il n’y a de solution que collective.
Adelphiquement et cinématographiquement vôtre. »

* Deux écoles participent à ce projet : l’École Cottereau, à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), et l’École Eugénie Cotton, à Paris (19e)

** Accompagnant d’élèves en situation de handicap.

Le projet a besoin de votre soutien !
"L’Arbre Vert du 93" invite les personnes intéressées à se rapprocher de l’association pour aider les groupes dans la réalisation des films : organisation des tournages, prêt des lieux de tournage, création de costumes (il y a de l’originalité dans l’air !), organisation des repas lors des tournages, coordination des tournages...
Merci de se faire connaître à l’adresse e-mail larbrevert93 chez gmail.com ou en adhérant à l’association et en soutenant son projet !