Jean-Louis Vialard, nouveau membre de l’AFC

par Jean-Marc Fabre
J’ai connu Jean-Louis pendant mes études à Louis Lumière dont nous sommes sortis ensemble en 1986.
Dès le départ, Jean-Louis avait une approche très ethnologique du cinéma, c’était pour lui un moyen de voyager et d’aller à la rencontre des autres peuples et donc très naturellement le documentaire l’attirait beaucoup plus que la fiction.
Après l’école, il a peu travaillé comme assistant caméra, préférant s’investir avec la création d’un petit studio, Flam’n Co, dans la fabrication de films expérimentaux, de clips et de courts métrages.
Parallèlement, il travaillait régulièrement comme opérateur de films documentaires animaliers, ce qui lui permettait d’assouvir sa passion de voyages et de découvertes.
C’est donc très naturellement, par ce biais, qu’il passa à la fiction sur des films qui avaient souvent une forte composante documentaire, toujours tournés à l’étranger - en Mongolie avec Dreamed Horizons de Juumdaan Choybolin, en Turquie avec Kac Para Kac 5 de Reha Erden ou en Islande avec Enquête sur un monde invisible de Jean-Michel Roux et Hafid - The Sea de Baltasar Kormakur.
Je pense que c’est cette fibre ethnologique qui a marqué sa carrière, généreuse et courageuse, entièrement mise au service de réalisateurs étrangers dans des pays où souvent il y a peu d’infrastructures techniques pour le cinéma.
C’est pourtant par le cinéma, que ces mêmes réalisateurs nous font découvrir leurs pays et leurs cultures. Un cinéma rare qui, heureusement, reste très bien représenté dans les festivals internationaux comme Sundance, Toronto, Berlin ou Cannes.
C’est d’ailleurs à Cannes que nous nous sommes retrouvés avec Jean-Louis, en 2004, pour la présentation en sélection officielle, du film de Joe Apichatpong Weerasethakul, Tropical Malady, qu’il avait éclairé.
Eric Guichard, dont Jean-Louis avait aussi été épisodiquement l’assistant, était également présent et c’est lui qui a pris l’initiative de proposer la candidature de Jean-Louis à l’AFC. Je m’y suis associé volontiers en pensant que le parcours international et atypique de Jean-Louis pouvait enrichir notre association.