"L’Homme à caméra" #2

Alvin Wyckoff, Cecil B. DeMille et l’éclairage Lasky

La Lettre AFC n°269

Dans l’idée de connaître ses classiques, l’association Kinétraces présente, en partenariat avec La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, la seconde séance de "L’Homme à la caméra : Du tourneur de manivelle au chef opérateur", un cycle de projections sur les pionniers de l’image cinématographique. Elle sera consacrée à Jeanne d’Arc (Joan the Woman), le film de Cecil B. DeMille (1916), photographié par Alvin W. Wyckoff.

Ce cycle permet de parcourir l’histoire d’une conquête professionnelle, technique et artistique, des premiers opérateurs aux as de la manivelle. Les films et documents rares accompagnés musicalement et les conférences menées par des historiens montrent comment leur magie "opère", tant en milieux naturels qu’artificiels, à travers des cas variés (français, américains, indiens et thaïlandais), du muet aux années soixante.

Séance #2
Alvin Wyckoff, Cecil B. DeMille et l’éclairage Lasky
« Voici des personnages suivis sur l’écran de leur ombre », salue la romancière Colette dans sa critique du film The Cheat (Forfaiture) en 1916, « leur propre ombre tragique ou grotesque, dont la multiplicité inutile des lampes à arc nous avait jusqu’à cette heure privés ! » Cette introduction de l’ombre, du contraste et du clair-obscur dans l’éclairage cinématographique autour du film culte The Cheat est bien connue ; elle a été dramatisée dans la publicité de l’époque comme "l’éclairage Lasky" ou "l’éclairage Rembrandt".

Alvin Wyckoff et Cecil B. DeMille sur le tournage de "Joan the Woman", en 1916
Archives Cecil B. DeMille Foundation

Derrière cette mutation, il y a le travail conjugué d’un réalisateur, Cecil B. DeMille, et de son chef opérateur, Alvin W. Wyckoff, qui collaborèrent dans les studios de la Lasky puis de la Paramount de 1914 à 1923 sur près de 43 films (The Virginian, A Romance of the Redwoods, The Little American, Male and Female, The Affairs of Anatole…)

La soirée sera consacrée à un film essentiel dans le développement de leur art, Joan the Woman. Première expérimentation du cinéaste dans le film historique à grand budget, le travail du chef opérateur se doit de mettre en lumière, décors, costumes et batailles qui caractérisent cette grande fresque de l’épopée johannique.
Un procédé de colorisation est même mis au point pour le film, le "DeMille-Wyckoff Process", plus tard rebaptisé du nom d’un de ses inventeurs, le "Handschiegl Color Process". Mais plus encore, DeMille et Wyckoff ont fait de ce film l’évocation intime du destin d’une femme, Jeanne, et d’une actrice, Geraldine Farrar, telles que le cinéma peut les recréer et les transcender par l’ombre et la lumière.

Séance animée par Marion Polirsztok (spécialiste du cinéma muet américain et enseignante en cinéma à l’université Paris 8, Paris 3 et Picardie-Jules Verne).
Intervention de 20 à 30 minutes suivie de la projection de : Joan the Woman (Jeanne d’Arc), Cecil B. DeMille, 1916, Etats-Unis. Copie 35 mm restaurée en provenance des Archives françaises du film du CNC.
Projection accompagnée au piano par les élèves de la classe d’improvisation de Jean-François Zygel en partenariat avec le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.

Mardi 15 novembre à 19h
Fondation Jérôme Seydoux-Pathé
73, avenue des Gobelins - Paris 13
Métro Place d’Italie ou Gobelins