L’étalonneur Yvan Lucas retrouve Quentin Tarantino pour "ll était une fois… à Hollywood"

par FilmLight La Lettre AFC n°300

Le dernier film écrit et réalisé par Quentin Tarantino, Il était une fois... à Hollywood, présenté au Festival de Cannes 2019, revisite le Los Angeles de la fin des années 1960 avec couleur et vitalité, grâce au travail du directeur de la photographie Robert Richardson, ASC. Pour recréer l’esthétique "vintage" distinctive de l’époque, l’étalonneur Yvan Lucas a une nouvelle fois fait confiance à Baselight.

Pionnier de l’étalonnage numérique, Yvan a commencé sa carrière aux laboratoires Éclair à Paris en temps qu’étalonneur photochimique, avant de basculer à l’étalonnage numérique dès le début des années 2000 et de s’installer à Los Angeles. Sa carrière s’étend sur plus de trente ans, et des collaborations avec entre autre les directeurs de la photographie Darius Khondji, AFC, ASC, Robert Richardson, ASC, et Rodrigo Prieto, AMC, ASC.
Yvan Lucas est présent au générique de plus de soixante longs métrages des deux côtés de l’océan, dont Se7en, Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, Je suis une légende, Argo, Le Loup de Wall Street, The Lost City of Z, et le prochain film de Martin Scorsese, The Irishman.

Il est devenu une figure-clé de l’industrie cinématographique, travaillant avec des réalisateurs de renom tels que Luc Besson, Jean-Pierre Jeunet, Steven Spielberg et Martin Scorsese. Et, bien sûr, Quentin Tarantino.
Il était une fois... à Hollywood marque sa quatrième collaboration avec Tarantino - après Les Huit salopards, Django Unchained et Inglourious Basterds.

Yvan Lucas, QuentinTarintino et Elodie Ichter

En raison de son affinité avec Quentin Tarantino et sa méthodologie de travail, Yvan a été chargé de superviser l’étalonnage du film depuis les rushes au quotidien jusqu‘à l’étalonnage final. « Quentin veut que le rendu numérique soit similaire à celui d’un positif au laboratoire », explique Yvan Lucas.

« Les rushes ont été tirés directement du négatif sur positif pour que Quentin puisse voir ses rushes sur pellicule une fois par semaine, pendant le tournage. Chaque jour, j’allais au labo pour superviser le tirage et continuer à ajuster les détails de la courbe. Robert est très précis avec ses rushes et ses points de tirage photochimiques, donc tout le travail sur les rushes a été très méticuleux. C’est presque là que les décisions finales ont été prises. »
Parallèlement, l’étalonneuse adjointe Élodie Ichter travaillait sur la version numérique des rushes, en utilisant le logiciel Daylight de FilmLight. Les corrections numériques étaient principalement effectuées en offset, pour rester consistantes avec la version photochimique. Yvan Lucas affinait ensuite l’ensemble.

Le directeur de la photographie Robert Richardson, avec qui Yvan a travaillé sur onze films, a collaboré avec lui et l’ingénieur en colorimétrie Matthew Tomlinson pour créer bien en amont les LUTs du film. Tarantino n’a passé qu’une journée à discuter de l’étalonnage final. « Il a regardé tout le film, puis il a dit que le rendu était aussi proche que possible d’un positif... un grand compliment venant de lui », dit Yvan Lucas.

L’investissement technique, artistique et personnel de l’équipe lors de fabrication des rushes et le lien de confiance entre le réalisateur, le directeur de la photographie et l’étalonneur final ont assuré que la projection du positif et celle directement issue du Baselight étaient visuellement identiques.

« C’est au travers des décors, de l’intensité de la cinématographie et de la nature intrinsèque de la pellicule elle-même, que la magie opère. L’ensemble du processus est extrêmement créatif », a commenté Élodie. « Lors des sessions finales, et en particulier en ce qui concerne la version HDR en Dolby Vision, nous n’avions qu’à préserver la qualité des noirs que l’on pouvait voir sur le positif, tout en conservant le contraste et la saturation des couleurs primaires - et les outils sont tous à notre portée dans Daylight et Baselight. »

« Pour moi, Baselight est comme une Rolls Royce », conclut Yvan Lucas. « Base Grade, en particulier, a vraiment révolutionné la façon dont les étalonneurs ajustent les couleurs car elles réagissent de la même façon indépendamment de l’espace colorimétrique de travail. Je ne suis pas sûr que tout le monde ait encore réalisé son potentiel et son importance. »

« J’aime utiliser le Base Grade, surtout pour retoucher les hautes lumières ou les basses lumières. Cela a été déterminant dans Il était une fois… à Hollywood, car je n’ai pas eu besoin d’utiliser de masques ou d’outils de sélection de couleur - et je pouvais ainsi rester dans les paramètres définis par Tarantino. »