L’importance de la collaboration entre directeurs de la photographie, au-delà des frontières

Aperçu de la table ronde IMAGO/ASC, par Laurent Andrieux pour l’AFC

Une petite centaine de personnes est venue rencontrer les membres de l’ASC et de différentes associations de la fédération Imago des directeurs de la photographie à l’Opera Nova. L’occasion pour ces derniers de présenter l’organisation et ses objectifs, et d’aborder les sujets d’actualité qui leur tiennent à cœur. Louis-Philippe Capelle, SBC, a rappelé que la fédération Imago a maintenant 25 ans d’âge et réunit aujourd’hui des chefs opérateurs de 53 pays du monde entier.

Autour de la table, Stephen Lighthill, ASC, Jacek Laskus, ASC, PSC, Roberto Schaeffer, ASC, AIC, Steven Poster, ASC, ICG, Rachel Morrison, ASC, Joe Dunton, MBE BSC, Rolf Coulanges, BVK, Louis-Philippe Capelle, SBC, Jannicke Mikkelsen, FNF et Philippe Ros, AFC. Ils ont principalement abordé des sujets techniques dans leur relation avec la dimension artistique du métier, et la question de la sécurité sur les plateaux, de façon pédagogique.

Stephen Lighthill, ASC, a exprimé son souhait que le réalisateur et le chef opérateur continuent à visionner les rushes chaque jour, et a abordé la question de la discipline sur les plateaux. Il dit aussi attendre beaucoup du développement de la "science des couleurs". Rolf Coulanges, BVK, a amené le débat sur la question de la texture de l’image dans l’évolution des techniques numériques, appréhendant la standardisation possible des images pour des raisons techniques.

Joe Dunton a appuyé son collègue allemand et s’est attaché en particulier à l’importance du mouvement d’appareil au cinéma, rappelant que « la cinématographie, c’est l’art d’écrire le mouvement. Au-delà de l’aspect technique du simple panoramique ou du travelling, c’est la rythmique de l’image qui fonde l’émotion qui s’en exprime. » Il a aussi rappelé son intérêt pour le système mis au point par Jean-Pierre Beauviala, « qui permet de créer une structure différente pour chaque image, grâce à un micro-déplacement du capteur entre deux expositions au moment de la prise de vues. »

Sur la question de la discipline, Roberto Schaeffer, ASC, AIC, a attiré l’attention, en particulier des plus jeunes, sur le mauvais usage qui peut être fait des smartphones sur les plateaux, qui distrait le technicien et donne de lui une mauvaise image. « Il n’est pas acceptable que les techniciens n’entendent même plus le « coupez ! » du réalisateur, ou que les comédiens, quand ils ont fini une scène, lèvent le nez sur les membres de l’équipe technique et les découvrent les yeux rivés sur leur écran. »

Steven Poster, ancien président de l’ASC et actuel président du syndicat International Cinematographers Guild (ICG), a souhaité attirer en particulier l’attention de l’audience sur les problèmes de sécurité sur les plateaux. Rendant hommage à Sarah Jones, décédée sur un tournage du fait de circonstances imputables à la production et au manque de préparation et de respect des règles, il a présenté un film de prévention sur le danger des prises de vues à l’épaule dans les véhicules équipés d’airbags, visible sur le site de l’ICG.

Jannicke Mikkelsen, FNF, est allée dans son sens, indiquant que le chef opérateur a la responsabilité de la discipline de ses équipes, et celle de refuser de tourner des plans dans des conditions de sécurité insatisfaisantes. Spécialiste des tournages en réalité virtuelle et à 360°, elle a rappelé que les choix en matière de sécurité ne dépendent pas de la durée des films, et sont les mêmes pour un film musical de 20 mn ou pour un long métrage de 90 mn.

Puis Philippe Ros, AFC, a présenté sa conférence sur les questions de définition, de résolution et de détail de l’image. Il a rappelé les différences qui existent entre ces termes, et les paramètres les influençant, des caractéristiques techniques du capteur et des optiques à l’utilisation des filtres, jusqu’au choix de lumière, de maquillage ou de décor.

Concernant les relations avec les fabricants, Jannicke Mikkelsen a dit rêver d’un capteur sphérique pour les films à 360°, et Joe Dunton a présenté un projet de manuel qui serait constitué de QR codes et permettrait d’accéder rapidement aux documentations des fabricants dans les différents domaines. « Les matériels eux-mêmes pourraient présenter ces QR codes, permettant d’accéder facilement à leur manuel d’utilisation ou à leurs caractéristiques, par exemple. »

Enfin, Louis-Philippe Capelle, SBC, a présenté un questionnaire permettant d’évaluer les besoins des opérateurs en termes de standardisation de processus à destination des fabricants de caméras, comme la demande de fourniture de check-lists de configuration simples de modes d’utilisation simplifiée, standard ou avancée, par exemple.

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