Le Cinémascope : techniques et esthétiques

par Willy Kurant

par Willy Kurant La Lettre AFC n°175

Un mail reçu à Los Angeles m’invite à participer à la conférence d’un universitaire, Olivier Rousseau, sur le Cinémascope.
Au téléphone, je signale que le 7 mars, je serai en plein décalage horaire, et peut-être pas très clair, mais accepte de parler après la projection d’un film auquel j’aurais participé.
Je choisis China Moon tourné dans le style " film noir ", il y a une dizaine d’années.

Pour la raison suivante : J’ai fait tout ce que la bible de recommandations au nouvel utilisateur dit d’éviter et me souviens que tous ces échantillons de style sont contenus dans la 1re bobine, donc c’est facile à repérer.
Le 7 mars, la salle est pleine d’un public où la dominante vue de haut est une mer de cheveux gris, peu d’élèves de nos écoles de cinéma.
La conférence d’Olivier Rousseau est très documentée et sans faille sur les anamorphoseurs du début à nos jours (2000), les styles, les enjeux techniques et artistiques, plus les enjeux commerciaux face à la télévision. La conférence dure 2h30 et se révèle un véritable trésor de connaissances.

Projection de mon extrait : long plan séquence de nuit qui commence à la grue sur une autoroute avec camions, etc. et se terminant à l’intérieur d’un motel.
Je monte sur scène et réponds aux questions. Pourquoi mes flous de source lumineuse (dans les arrière-plans) sont maîtrisés et sans distorsions, précédemment décrites.
Dans mes réponses, je dérive sur le travail du DP et dans la multitude des questions posées, un public curieux, cinéphile, mais que je découvre sachant assez peu de choses sur ce que nous faisons sur un film. Donc je " mélange " le travail photochimique en amont, le choix des pellicules, la mise en place des acteurs, on me ramène gentiment sur le Scope.

La séance terminée, un petit groupe se forme autour de moi près de la sortie et continue à me poser des questions et demande quand je reviens.
Donc, chers amis de l’AFC, venez à la Cinémathèque tous les jours, nous découvrons que même des fonctionnaires en charge de nos métiers sont perdus dans les fonctions attribuées via les génériques.

Merci à Laurent Mannoni en charge du Conservatoire des techniques cinématographiques à la Cinémathèque.
Merci à Olivier Rousseau, universitaire, auteur d’une thèse sur les formats larges.

Et le 4 avril à 14h30, le cycle continue avec l’histoire du Technicolor (lire l’article).