Technicolor révèle une icône

par Mikros La Lettre AFC n°272

Jackie est le dernier film du réalisateur chilien Pablo Larraín, après Neruda qui a marqué la critique à Cannes. Le film est un habile puzzle entre images réelles et images fictionnelles, biopic sur la première dame des Etats-Unis, dans les jours qui suivirent l’assassinat du président Kennedy.

Dans une collaboration étroite avec les équipes créatives de Technicolor Paris, Stéphane Fontaine, directeur de la photographie primé aux Césars et membre de l’AFC, a cherché à créer une œuvre artistique authentique. Le challenge sur ce film pour les équipes de postproduction de Technicolor, était de créer un univers homogène et réaliste où se confondent images d’archives et images tournées.
Pour choisir la solution de tournage la plus pertinente, Stéphane a tourné des essais caméra en 16 mm, en Ikegami tri tubes, ainsi qu’en RED Epic Dragon 6K. Nous avons fait des essais de kinescopage à partir des éléments RED étalonnés. Le résultat n’était pas satisfaisant. L’ajout par surimpression d’émulsions de grains pellicule scannés ne se rapprochait pas suffisamment du résultat recherché en termes de texture et ces procédés manquaient définitivement de souplesse.
Suite à ces essais, Stéphane et Pablo ont choisi de tourner le film en 16 mm, les interviews TV en Ikegami et les plans VFX en RED. Le défi restant était de "matcher" la texture des différents éléments.

Ce projet s’inscrit précisément dans notre approche du travail sur l’image où la question de la texture est toujours centrale. A cette occasion, nous avons travaillé avec les équipes du centre de recherche de Technicolor basé à Rennes pour résoudre l’équation posée par le film.
Le fruit de ces recherches nous a permis de concevoir un algorithme qui reproduit la texture, le look des images de référence sur les images numériques. Le procédé consiste à appliquer une texture générée aléatoirement à partir d’une référence (Ex… : Kodak Vision 3 – 7219) sur les différentes zones de l’image grâce à l’analyse de l’image numérique.

L’originalité du procédé est qu’il est comparable à un rendu analogique/vivant, la texture de l’image évolue en fonction de l’étalonnage grâce à l’analyse de la source. L’objectif était de mettre à disposition de l’étalonneur un outil temps réel pour ne pas dissocier le travail sur la texture de l’étalonnage.
Nous avons présenté cette solution à Stéphane Fontaine et Isabelle Julien, l’étalonneuse du film, ils ont apprécié la valeur ajoutée d’un rendu qu’ils ont qualifié de naturel, d’organique, ainsi que la facilité d’utilisation pour manipuler et mélanger cette texture sur leurs différents éléments. Le travail sur la texture et le look est au cœur de tous nos projets chez Technicolor, chaque film est unique et nous cherchons à offrir une identité propre à chacun, avec des outils techniques et artistiques toujours au service des créateurs.
Ce procédé a été présenté au dernier Micro Salon de l’AFC sur le stand Technicolor / Mikros image.