Wajib - L’invitation au mariage

Annemarie Jacir m’avait contacté en 2011 pour son précédent film, When I Saw You. Nous avions beaucoup partagé par Skype autour de son scénario mais malheureusement, son agenda avait été bousculé et j’avais dû renoncer pour honorer un engagement antérieur. À cette époque, Annemarie vivait en Jordanie et cette rencontre à distance laissait ouverte la possibilité d’une future collaboration.

En décembre 2017, c’est Marianne Dumoulin, de JBA production, qui me contacte de sa part pour Wajib. Emballé par le scénario, j’étais ravi que les promesses de nous retrouver ne soient pas restées lettres mortes... ravi également de retrouver Nazareth où j’avais tourné la fin de Paradise Now, plus de dix ans auparavant.
Nazareth est sans aucun doute LA ville palestinienne du cinéma.
Elia Souleiman, Hany Abu Assad, Mohammad Bakri (également acteur dans Wajib), Sameh Zoabi et la jeune venue, Maha Haj avec sont délicat Personal Affairs, en sont tous des enfants. Hiam Abbass aussi, avec qui j’avais tourné Inheritance, est native d’un village proche de Nazareth.
C’était aussi l’occasion de retrouver des camarades de précédents tournages sur ces terres tourmentées et harassantes, véritable laboratoire toujours prêt à exploser mais aussi prompt à nous en apprendre.

Travail dans la concentration et la bonne humeur

Wajib signifie le devoir, le dû. Il exprime la tradition qui veut que le chef de famille, généralement le père, porte en main propre et à chacun des invités, le carton d’invitation au mariage qui va avoir lieu dans sa famille. Wajib nous emmène une journée à travers Nazareth, à bord de la vieille Volvo familiale où un père et son fils vont honorer leur proches et moins proches en les invitant au mariage de la fille cadette. Le fils vit en Italie, le père à Nazareth. Il est divorcé et se retrouvera seul à l’issue de cette union.
Ce "voyage" sera l’occasion de retrouvailles, mais aussi d’une émouvante confrontation entre le père prisonnier des compromissions subies par tout "arabe israélien" et son fils intransigeant parce que trop longtemps éloigné du pays.
Pour interpréter ce duo nous avions deux magnifiques acteurs, père et fils dans la vie comme dans la fiction : Mohammad et Saleh Bakri. Tous deux très intenses et émouvants, mettant chacun un point d’honneur à ne pas décevoir l’estime que l’autre lui porte.

Freddie Saj, en amorce à droite, et Annemarie Jacir

Cette fois-ci, j’ai pu partir accompagné de ma première assistante Freddie Saj. La coproduction comprenait une participation colombienne et, pour ce qui est de la lumière, j’ai travaillé avec d’un duo colombien de choc : Juan Manuel Barreto et Camilo Martinez Lopez.
A la machinerie François Perrault-Alix est venue une semaine pour le gros des voitures-travelling et Sylvain Bardoux l’a remplacé pour le reste du tournage. Trois gars et une jeune femme pleins de bonne humeur pour cinq semaines de plaisir malgré des conditions météorologiques difficiles... surtout pour une histoire se déroulant sur une seule journée.
Caméra Arri Alexa Mini avec une série Cooke S3 louée chez Utopia.
Le laboratoire grec Graal nous a accueilli à Athènes pour un étalonnage éclair avec Yannis Zaharoyiannis qui m’a bien aidé à maintenir tant bien que mal une continuité atmosphérique.

Équipe

Première assistante caméra : Freddie Saj
Chefs électriciens : Juan Manuel Barreto et Camilo Martinez Lopez
Chefs machinistes : François Perrault-Alix et Sylvain Bardoux

Technique

Matériel caméra : Utopia (Arri Alexa Mini, série Cooke S3)
Laboratoire : Graal (Athènes)
Etalonnage : Yannis Zaharoyiannis