Welcome Home, Gordon !

Par David Quesemand, AFC
Le directeur de la photographie Gordon Spooner a rejoint l’AFC tout récemment. David Quesemand, AFC, l’un de ses deux parrains avec Michel Abramowicz, AFC, présente ici ce nouveau venu dans notre association.

Diplômé en cartographie, Gordon Spooner réalise, après quelques mois en agence à Newcastle (UK), qu’il ne peut passer le reste de sa vie derrière un bureau. Un ami lui propose de venir brancher des prises dans un théâtre, travailler la lumière lui plaît, il devient régisseur de la Royal Shakespeare Company mais cette envie d’ailleurs le poursuit et il part pour Paris.
La tournée des théâtres nationaux l’amène aux Amandiers de Nanterre. Patrice Chéreau y alterne les projets et la projection de L’Homme blessé le convainc d’encore une fois aller là où on ne l’attend pas : le cinéma. Patrice Chéreau lui présente Renato Berta et c’est le début de son parcours d’assistant caméra, avec le tournage du Tartuffe, réalisé par Gérard Depardieu à partir d’une mise en scène de Jacques Lasalle.

Gordon Spooner, en novembre 2017
Photo Laurence Guenoun

En publicité, la mode en France est aux opérateurs anglais, il sera l’assistant "français" d’Adrien Biddle, Gerry Fisher, Jan de Bont ou John Mathieson. La publicité aime les jeunes opérateurs, il signera donc l’image de publicités pendant une dizaine d’années.
Les personnages et les histoires commencent à lui manquer. L’honnêteté aussi. Il repart donc du début : courts métrages et documentaires. Solveig Anspach lui fait confiance, puis d’autres réalisateurs de La Fémis, cela donnera, par exemple, le très beau Darling, de Christine Carrière en 2007, qui lui ouvrira les portes d’un cinéma dont il se sent proche…
Il alterne depuis longs métrages et documentaires avec le même appétit de découvertes qui l’anime depuis toujours, cette volonté de trouver chaque fois l’image juste, ce goût de la recherche que l’on retrouve aussi dans ses belles séries de photographies.

Je suis heureux qu’après ce riche parcours sinueux, l’AFC se dessine aujourd’hui comme sa maison sur la grande carte de ce tendre "Englishman in Paris".