Luc Barnier ou l’émergence des rêves de cinéastes

Par Christian Guillon

La Lettre AFC n°224

Luc Barnier est mort dimanche [16 septembre 2012], il avait 58 ans. Tous ceux qui l’ont côtoyé admiraient son intelligence, son esprit de synthèse, son calme, l’acuité de son regard, la pertinence de son jugement, sa pugnacité et son incroyable puissance de travail.
Luc Barnier, lors du tournage d'"Ave Maria" de Jacques Richard - Photos Dominique Le Rigoleur
Luc Barnier, lors du tournage d’"Ave Maria" de Jacques Richard
Photos Dominique Le Rigoleur

Puis la largeur de son esprit et l’étendue de sa culture vous faisaient l’aimer tout simplement. Il est particulièrement difficile de distinguer la part du montage dans la réussite d’un film, tant il est imbriqué avec la mise en scène. Ceux qui ont travaillé avec Luc l’ont vu au quotidien faire accoucher les films de leur propre logique, inscrire son souci des moindres détails dans la structuration globale de l’œuvre, faire émerger, d’une coupe, d’un renversement de chronologie, d’une phrase retirée ou ajoutée, les espérances et les rêves d’un cinéaste.

Son talent provoque aujourd’hui les hommages de nombreux réalisateurs. C’est sans doute la trace de son humanité et cela nous réconciliera avec la nature humaine. Je pensais à lui il y a quelques semaines, sans savoir qu’il était à nouveau dans la difficulté.
Je continuerai a penser à lui en songeant au plaisir qu’il aura désormais à pouvoir enfin monter les prochains films de Youssef Chahine, Maroun Bagdadi, ou pourquoi pas, tant était large sa palette, de François Truffaut, Ernst Lubitsch, John Huston, Federico Fellini, et les autres.

(Lire également le témoignage de Benoît Jacquot paru sur le site Télérama.fr)