Restauration du film " Play Time " de Jacques Tati

Gulliver et Mikros Image conjuguent leurs talents

by Mikros AFC newsletter n°110

L’année passée, la majorité des droits des films de Jacques Tati devait quitter la France. Macha Makeïeff, Sophie Tatischeff et Jérôme Deschamps se sont réunis pour les reprendre et créer ensemble " Les Films de Mon Oncle ". Sophie Tatischeff est partie trop tôt, mais " Les Films de Mon Oncle " ont décidé d’aller jusqu’au bout et de se lancer dans la restauration des négatifs, à commencer par celui de Play Time, tourné en 70 mm en 1967. Ce film sera de nouveau visible dans ce format et en 35 mm à partir du prochain Festival de Cannes.
Photo© Les Films de Mon Oncle
Photo© Les Films de Mon Oncle
Avant
Photo© Les Films de Mon Oncle
Photo© Les Films de Mon Oncle
Après

Le Laboratoire Gulliver et Mikros Image ont conjugué leurs talents à l’occasion de la restauration de Play Time dans sa version originale.
En mars 2001, le Laboratoire Gulliver, sous la supervision de Jean-René Failliot et Luc Pourrinet, a fait un bilan général de l’état du négatif original 65 mm 5 perfos. Le négatif était extrêmement abîmé : poussières, rayures et images complètement déchirées. L’interpositif original et l’internégatif avaient viré, les couleurs étaient passées.
Le premier objectif était de sécuriser le négatif. Toutes les collures ont été renforcées, les images et les perforations endommagées réparées. Le second problème auquel ils se sont heurtés fut l’étalonnage du film. Il était impossible d’utiliser comme référence une ancienne copie. L’équipe de Gulliver a tiré une copie zéro grâce à un système par immersion : 90 % des rayures et autres petites détériorations ont totalement disparu, de petits ajustements d’étalonnage ont été faits.

Pour sa part, Mikros Image a pris en charge la reconstitution numérique d’images détruites ou endommagées, d’après les négatifs originaux grand format, sous la supervision de Pascal Laurent et Gilles Gaillard.
L’équipe est intervenue sur 4 types de manipulation : le gommage des rayures et taches sur les négatifs originaux, la reconstitution des images manquantes (allongement de plan) ou images cassées, le réétalonnage numérique de certains plans sous-exposés et le trucage numérique (effacement de la tour Eiffel sur un plan comme l’avait souhaité initialement Jacques Tati).