A la nouvelle adresse de la CST, tout est à inventer

Par Angelo Cosimano, président de la Commission supérieure technique de l’image et du son

La Lettre AFC n°312

La Commission supérieure technique de l’image et du son (CST), association de techniciens du cinéma et de l’audiovisuel, est en cours d’emménagement dans de nouveaux locaux. Afin d’accompagner cette installation, Angelo Cosimano, son président, avec la hauteur de vues inhérente à sa fonction, retrace l’historique des diverses adresses où elle a résidé. A noter qu’en ce mois de septembre, la CST a eu soixante-seize printemps, il n’y a plus de saison...

La CST emménage dans de nouveaux locaux pour la quatrième fois de son existence. Vous connaissez mon gout prononcé pour les mises en perspective.
Peut-être connaissez-vous également notre première adresse, celle de septembre 1944 ?
Allez, je vous la rappelle : 12 rue de Lübeck, du nom de la bataille qui a eu lieu dans cette ville un 6 novembre, date qui est également le jour de ma naissance, comme c’est drôle surtout qu’elle a eu lieu 150 ans plus tard, je parle de ma naissance, bien évidemment l’événement le plus important des deux…

Non, non, le 12 rue de Lübeck n’était pas le siège de la Continental Films (qui était au 104 avenue des Champs-Elysées), c’est une légende. Mais pour être occupé par les techniciens créateurs de la CST, sollicités dès la libération par Jean Painlevé, ses précédents occupants ne devaient pas avoir la conscience tout à fait tranquille. Qui étaient-ils, je cherche encore.

Quelques mois plus tard, la CST déménagera pour laisser place à sa maison mère, le Centre national du cinéma. Et s’installe au 92 avenue des Champs-Elysées, à l’ancienne adresse du COIC, la version pétainiste du CNC qui avait pris ses aises dans les locaux du producteur Serge Sandberg – le producteur d’avant-guerre de Sacha Guitry qui avait le mauvais goût de ne pas plaire aux nouveaux occupants et à leurs amis bien français. A noter qu’à l’étage voisin, nous avions le bon voisinage de la nouvelle fédération des exploitants français.

A l’aube des années Xénon, celles des multi-salles, la CST rejoint un bâtiment nouvellement acquis par le CNC au 12 rue de Galilée pour une trentaine d’années de proximité quotidienne.

Puis vint l’ère des TMS (Theater Management System) et un peu plus tard des copies numériques, avec son cortège de multiplexes, grâce auxquelles nous nous étions habitués avant la Covid (j’ai du mal avec le féminin pour cette maladie, c’est très douteux comme champ grammatical), à nos 200 millions d’entrées annuelles. Et le CNC agrandissant son champ d’action, nous dûmes donc nous éloigner des beaux quartiers – à regret admettons-le – pour nous installer au pied de la butte Montmartre, au carrefour de la Fourche, là où une des dernières barricades de la Commune a résisté quelques heures aux troupes versaillaises et dont les derniers défenseurs, selon la légende, reposent à quelques encablures dans un charnier, sous le square des Batignolles.

Voici bientôt deux ans que notre tutelle s’est réorganisée en se déplaçant pour la première fois. Nous avons décidé de nous en rapprocher en nous installant dans le 13e arrondissement. A mi-distance entre le CNC et la Cinémathèque, au cœur de l’action.

Bouger, c’est vivre (à ne pas confondre avec s’agiter…).

Vous êtes Tous les bienvenus dans notre nouveau site, tout beau, tout neuf, grâce au travail de Baptiste Heynemann et de toute l’équipe de la CST ainsi qu’à la volonté et au soutien de son conseil d’administration qui souhaite ainsi permettre à notre association de continuer à enrichir notre secteur bénévolement et généreusement.

Ah oui, la nouvelle adresse : 9 rue Baudoin, 3e étage AVEC ascenseur !

Tout est à inventer à cette adresse, à nous, à Vous de jouer.