Comment avez-vous été impliquée dans le projet ?
Frida Marzouk : Ce projet est né d’une rencontre. J’ai rencontré la réalisatrice un an ou deux avant le tournage, grâce à Ghalia Lacroix, une scénariste, monteuse et amie que nous avions en commun. À l’époque, un lien s’est créé, même si le film n’était pas encore défini. Puis, quand la pandémie de Covid-19 a commencé à se propager, la réalisatrice m’a contactée pour savoir si j’étais disponible pour aller tourner à Tunis.
Nous avons tourné Sous les figues, le premier long métrage de la réalisatrice.
Comment définiriez-vous l’esthétique du film et vos choix en matière de caméra et d’objectifs ?
FR : L’esthétique du film a été définie très tôt. Avec la réalisatrice nous avons choisi une palette froide, dominée par les bleus, conçue lors de la phase de préparation et appliquée aux costumes, aux décors et à l’éclairage. Cette direction artistique a ensuite été consolidée lors de l’étalonnage avec Vincent Amor, afin de garantir une cohérence chromatique tout au long du film.
Le tournage s’est déroulé en été à Tunis, où la lumière est particulièrement dure et contrastée. Nous avons travaillé avec une Alexa Mini LF et des objectifs Panaspeed, dont la qualité nous a permis d’adoucir les visages et d’atténuer les hautes lumières.
J’ai également choisi ces objectifs pour leur mise au point rapprochée et leur ouverture de T1,4, deux critères essentiels pour moi, sur un film où l’improvisation joue un rôle important. Cette ouverture offre une grande liberté, notamment avec un éclairage parfois limité, et permet des prises de vues spontanées lorsque nécessaire, tout en gardant le contrôle de l’image.
Enfin, la configuration de la caméra privilégiait la proximité avec les personnages. Cette approche était cohérente avec le film, qui suit le parcours de trois Ivoiriennes et d’un enfant à Tunis.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir directrice de la photographie, et qu’est-ce qui vous inspire aujourd’hui ?
FR : Ce qui m’inspire le plus, c’est l’alchimie qui se crée lors de certaines collaborations, en particulier entre un réalisateur et un directeur de la photographie. Quand cette alchimie existe, on le sent immédiatement, et cela transforme le travail sur le plateau.
Ce qui m’inspire aussi, bien sûr, c’est le sujet du film, même si je choisis mes projets avant tout pour les personnes qui les portent.
L’envie de devenir directrice de la photographie m’est venue sur un plateau où j’étais stagiaire scripte. À un moment donné, j’ai vu le cadreur sur une grue, tout en haut, et ça a été une révélation.
Cette envie a également été nourrie par des films très différents. Les films de Scorsese en particulier, comme Casino, par exemple, pour la beauté de la lumière, ou La Vie rêvée des anges, pour son cadrage naturaliste très puissant. Des genres très différents, mais qui ont façonné mes goûts jusqu’à aujourd’hui.
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