Journée "Workflows" à la CST

par Laurent Chalet et Etienne Fauduet

par Laurent Chalet

Le 21 novembre dernier, la CST a organisé à l’Espace Pierre Cardin la Deuxième journée des Techniques de la Production et de la Postproduction sur le thème des chaînes de postproduction numériques.
Les différentes tables rondes organisées pour l’occasion nous ont rappelé le vaste champ de possibilités qu’offrent ces techniques et mis en lumière les problèmes qui s’y rattachent.
Deuxième journée des Techniques de la Production et de la Postproduction
Pierre-William Glenn (à droite), président de la CST, présente la journée
Photo Eric Guichard

Lors de la première table ronde de la journée, Franck Montagné nous a proposé un panorama exhaustif des différentes filières de post-production possibles à ce jour à partir d’une captation sur négatif film ou sur supports numériques.
Les filières issues du film négatif ont des procédures connues et standardisées qui ne posent à priori aucun problème, que l’on suive une chaîne de postproduction traditionnelle ou numérique avant le retour sur film 35 mm. Il en va de même si on opte pour un tournage en numérique sur bande (HDCam SR, HDCam, DVCPro HD).
En revanche, les caméras datas, qui enregistrent les images sur disques durs ou sur cartes mémoires, soulèvent un certain nombre d’interrogations. En effet, si ces caméras nous offrent des possibilités très intéressantes, il existe aujourd’hui une « zone d’ombre » à propos de la gestion des données notamment entre le tournage et la postproduction. Elle concerne plus précisément la sécurisation des données (back-up) et leur transfert vers la post-production. L’ensemble des intervenants reconnait qu’il s’agit là du maillon faible de cette chaîne de production car il n’existe aujourd’hui aucune procédure standardisée à laquelle se référer pour sécuriser et transférer les rushes en datas. C’était d’ailleurs le sujet récurrent abordé lors de cette journée, tant du point de vue technique que de la réorganisation du travail sur le tournage et/ou chez les post-producteurs avec l’apparition éventuelle de nouvelles fonctions répondant à cette problématique.

1re table ronde animée par Franck Montagné
De gauche à droite :
Patrick Leplat, Panavision Alga Techno, Thierry Beaumel, Eclair, Angelo Cosimano, Digimage, Moira Tulloch, CST, Siegfried Foessel, Fraunhofer Institut, Franck Montagné, directeur de postproduction
Photo CST Jérôme Jeannet

Côté technique, la deuxième table ronde abordait le thème des métadonnées techniques et sémantiques liées aux images dans la perspective de leur traitement tout au long de la chaîne de post-production, voir jusqu’à la projection numérique en salle. Là aussi, il apparait qu’aucun standard n’est encore fixé à ce jour, même si quelques pistes de travail se dessinent pour l’avenir (cf. la norme DCI – www.dcimovies.com).
Toujours sur le thème de la technique du suivi des images en postproduction, la troisième conférence présentait deux solutions de logiciels qui permettront de suivre l’image data de la prise de vues à l’étalonnage. Le premier développé actuellement par la CST, le deuxième proposé par Gamma & Density via Panavision.

Toujours est-il qu’à ce jour, et quelques soient les solutions envisagées, ces nouvelles technologies de prises de vues vont imposer de nouvelles compétences pour la sécurisation et le transfert des rushes datas entre le tournage et la postproduction. Ces opérations devront être assurées par une personne spécifiquement formée qui devra assumer cette grande responsabilité vis à vis des producteurs et de leurs assureurs. S’agit-il d’un personnel de l’équipe image, du labo ou d’un nouveau poste à définir ? La question reste ouverte.
Cette question a été largement débattue lors de la quatrième table ronde par les assureurs et des représentants de productions. Du point de vue des assurances, il n’existe pas de contrat spécifique aux tournages en datas. Des pistes de travail sont tout de même évoquées pour la sécurisation des rushes : utilisation de disques durs RAID (1) et d’un ordinateur dédié... On peut noter que TSF Data et Panavision-Alga proposent à la location des systèmes nomades de gestion et de sécurisation des rushes numériques. Là encore, la question d’un technicien spécifique a été évoquée tant du point de vue des compétences que de la « lourdeur » de ces opérations sur le plateau, en terme de temps notamment.

La dernière table ronde de la journée qui réunissait des producteurs, un réalisateur, un directeur de la photographie et des postproducteurs a ramené le débat aux dures réalités économiques du secteur.
Tous les intervenants présents s’accordent à dire que l’aventure du tournage en datas s’élabore encore aujourd’hui au cas par cas. Il se doit d’être en adéquation avec la nature du projet et les possibilités financières de la production.
D’un point de vue esthétique, et sans remettre en cause les apports des nouvelles technologies, Eric Guichard s’interroge sur la disparition annoncée (prématurément ?) des support traditionnels et sur l’uniformisation des images présentées au public.
A suivre...

Dernière table ronde
De gauche à droite :
Eric Guichard, AFC, Antoine Rein, producteur, Laurent Hébert, délégué général CST, François Margolin, réalisateur
Photo CST Jérôme Jeannet

En marge de ces débats, des ateliers pratiques permettaient d’aborder différentes solutions de prises de vues et d’étalonnage aujourd’hui opérationnelles chez différents prestataires (CST, OpenCube, Panasonic, Panavision, SAV, TSF Caméra).
Nous avons pu enfin prendre en main la Pénélope...

Autour de la caméra Aaton Penelope
Au centre, Marc Koninckx, AFC, à droite, Danys Bruyère, TSF
Photo CST Jérôme Jeannet
La caméra Aaton Penelope sur une épaule anonyme...
Photo CST Jérôme Jeannet

Pour animer les débats de la journée étaient présents :
Thierry Beaumel (Eclair)
Patrick Leplat (Panavision Alga Techno)
Siegfried Foessel (Fraunhofer Institut)
Angelo Cosimano (Digimage)
Franck Montagné (directeur de postproduction)
Benoît Février (OpenCube)
Romain Geller (expert en assurances)
Argan Le Hir (Cinéo)
François Lamotte (directeur de production)
Rip Hampton O’Neil (CST)
Thierry Carvaillo (assistant réalisateur)
Laurent Hébert (CST)
Jean-Charles Fouché (consultant HD)
Eric Guichard (directeur de la photographie AFC)
Tommaso Vergallo (Digimage)
François Margolin (réalisateur)
Antoine Rein (producteur – Karé Productions)
Pascal Buron (TSF)
Philippe Liégeois (Producteur – Rezofilms)

(1) Le but du RAID est de rassembler plusieurs disques durs physiques en seule unité logique. En clair le système d’exploitation ne verra qu’un seul disque dans le poste de travail. Le RAID fonctionne avec au minimum deux disques (RAID 0). Il existe plusieurs configurations RAID qui rassemblent différemment les données sur l’ensemble des disques et permettent donc d’avoir des performances, une capacité ou une sécurité différentes. En fonction de la configuration RAID on peut :

  • multiplier la capacité du disque le plus petit pour obtenir une capacité plus grande
  • obtenir un disque (virtuel) plus performant
  • Sécuriser au maximum les données
  • Augmenter la capacité, les performances et la sécurité en même temps

Source : https://www.vulgarisation-informatique.com/raid.php

Public nombreux à la 2e Journée CST "Workflows"
L’Espace Pierre Cardin le matin
Photo CST Jérôme Jeannet
Deuxième journée des Techniques de la Production et de la Postproduction
Pierre-William Glenn (à droite), président de la CST, présente la journée
Photo Eric Guichard