Impossible d’évoquer 2025 sans parler de l’IA. Comme 2001 : l’odyssée de l’espace l’avait pressenti, elle s’est invitée dans nos vies et nos métiers, bousculant les certitudes et les pratiques. Les outils d’IA générative capables de créer des images, des décors ou même des scénarios ont suscité autant d’enthousiasme que de craintes.
Comment préserver la singularité du regard des DoP face à des algorithmes capables de reproduire des styles ou des ambiances en quelques clics. Notre rôle est de rester les gardiens de la lumière, du mouvement et de l’émotion même à l’ère des machines intelligentes.
2025 a aussi été une année de contrastes économiques. Après les années de reprise postpandémie, le secteur a dû faire face à des défis nouveaux : l’inflation des coûts de production, la baisse de la fréquentation dans nos salles de cinéma et la concurrence accrue des plateformes.
Le cinéma français a tenu bon, les chiffres du CNC confirment une production dynamique avec près de 300 films agréés et une diversité de projets qui témoignent de la vitalité de notre industrie. Les festivals ont été des moments forts mettant en lumière des talents émergents et confirmant le rôle central de la France dans le paysage cinématographique mondial.
La question environnementale est plus que jamais au cœur de nos préoccupations. Les tournages, souvent énergivores, doivent évoluer vers des pratiques plus durables. Les nouveaux outils, tels que l’IA générative, produisent sans relâche mais les ressources qui les alimentent ne sont pas illimitées sur notre planète.
Le cinéma de demain ne peut se construire sans une réflexion sur son impact.
Enfin, 2025 aura été une année de deuils et de rencontres. Nous avons perdu des figures majeures comme Eduardo Serra, dont l’héritage artistique continue d’éclairer nos pas, mais nous avons aussi accueilli de nouveaux talents, et renforcé les liens entre les générations.
Le cinéma est un art collectif, où chaque regard compte, que ce soit à travers les entretiens, les conférences du Micro Salon, nos projections et nos petits déjeuners, la transmission et le partage restent au cœur de notre métier.
L’AFC réaffirme son engagement à défendre un cinéma exigeant, humain et innovant. Face aux défis technologiques, écologiques et politiques (l’exception culturelle européenne est régulièrement remise en cause), notre force réside dans notre capacité à nous adapter sans renoncer à ce qui fait l’âme du cinéma : la lumière, le mouvement, l’émotion.
En cette fin d’année, merci à toutes celles et ceux qui, devant ou derrière la caméra, font vivre cet art chaque jour !
L’exposition "John Singer Sargent. Éblouir Paris" au musée d’Orsay se termine le 11 janvier, je vous la recommande vivement.
Que 2026 soit une année de création, de rencontres et de lumière !
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