La Tour 2 contrôle infernale

La fabrication de l’image de cette comédie a engendré beaucoup d’enquêtes et de discussions : de la direction artistique, du choix du format, celui du matériel, et du traitement en laboratoire.

Direction artistique
Nous avons choisi deux axes d’inspiration :
- Nous voulions filmer des enfants dans des décors d’adultes ; des petites personnes dans des décors de grandes personnes ; des personnages débiles dans des décors sérieux. Nous avons, pour les décors, choisi de reprendre la démesure des décors des films de Kubrick, dans Shinning, et 2001. Notre chef décorateur, Bertrand Seitz, a donc imaginé les décors très grands, démesurés, pour plonger nos personnages dans un univers qui les dépasse.
Alain Carsoux (directeur de la Compagnie Générale des Effets Visuels) et son équipe nous ont aidés à augmenter les profondeurs des couloirs, des hangars.

- L’action se passe en 1981. Nous voulions que l’image ressemble aux codes des films d’action de l’époque : le point de vue de la caméra est bas, sous la ligne du regard. Nous filmions toujours avec des sources dans le champ, pour que le décor brille et que la dynamique de l’image soit grande. Parfois, en repérage, nous ne choisissions un décor que pour son plafond !
Par ailleurs, nous avons gardé beaucoup de petits défauts dans la prise de vues : les mouvements de grue ne sont pas stabilisés, les flares et distorsions optiques sont importants. Nous avons aimé cette sorte de fraîcheur retrouvée grâce à ces imperfections.

Choix du matériel
Il y a 14 ans, le premier volet (La Tour Montparnasse infernale) avait été tourné en 35 Scope Panavision, par Etienne Fauduet, AFC. Eric Judor voulait retrouver cette matière, et cette qualité de flou. Or nous n’avions pas les moyens de retrouver cette configuration, le métrage aurait été trop important. J’ai donc organisé des essais "à l’aveugle", avec plusieurs couples de caméras et d’optiques, pour garder le capteur avec la plus grande hauteur, afin de réduire la profondeur de champ.
Grâce à ces tests, qui présentaient une configuration A, B, C, ou D, nous avons pu choisir le matériel le plus proche de notre sensation et de notre goût, sans tenir compte des chiffres. Nous avons choisi de tourner en Arri Alexa XT avec un capteur 4/3 et une série Master Prime Zeiss anamorphique. La deuxième caméra était équipée d’un zoom Angénieux Optimo 48-590 mm.

Equipe belge
Nous avons tourné ce film entièrement en Belgique, là où j’ai étudié l’image à l’INSAS. J’ai eu plaisir à retrouver mes amis de 20 ans qui m’avaient connu second assistant et qui m’ont beaucoup aidé à fabriquer ce film ambitieux. Vincent Piette, chef électricien, m’a donné l’occasion de réaliser beaucoup de mes fantasmes d’opérateur : éclairer d’énormes décors, avec beaucoup de puissance, dans une mise en œuvre tout à fait transparente. Dries Leerschool, chef machiniste, a été un allié de choix lorsqu’il fallait imaginer les installations. Entouré de la sorte, avec beaucoup d’amitié, je ne pouvais que souhaiter qu’ils trouvent des solutions toujours astucieuses.

Laboratoire
Avec Gilles Granier, l’étalonneur du film, nous avons travaillé trois semaines dans la toute nouvelle salle du Labo Paris, laboratoire situé rue d’Hauteville, dirigé par Arnaud Borges et Alain Carsoux. Grâce à l’expérience de Gilles, à sa grande connaissance du BaseLight et de l’Aces, et à sa compréhension artistique du projet, nous avons pu donner au film cette matière : un film joyeux, un peu vintage, avec une dynamique riche.
La grande complicité entre les effets spéciaux de la CGEV et l’étalonnage, orchestrée par Didier de Keyser pour Le Labo, et Nicolas Bonnet, superviseur de la postproduction du film, nous a permis de rendre possible ce projet, à la hauteur de nos ambitions.

Dans le portfolio ci-dessous, quelques photogrammes issus du film et photos de tournage / © Légende Entreprises

Portfolio

Équipe

Cadreurs : Vincent Muller et Baptiste Nicolaï
Assistants caméra : Luc Frisson et Didier Schokaert
Chef électricien : Vincent Piette
Chef machiniste : Dries Leerschool

Technique

Matériel caméra : Eye Lite Bruxelles (deux caméras Arri Alexa XT 4/3, objectifs Master Prime Zeiss Anamorphiques et zoom Angénieux Optimo 48-590)
Matériel lumière : Eye Lite Bruxelles
Matériel machinerie : KGS
Laboratoire : Le Labo
Coloriste : Gilles Granier
SFX : CGEV
Superviseur SFX : Nicolas Bonnet