La passion pour notre métier et le talent de Mohamed Tayeb Laggoune, par Thierry Arbogast, AFC
Mohamed Tayeb Laggoune a fait ses armes du temps de la pellicule, dès sa sortie de l’école, d’abord à l’ESRA, promotion 2000 en image, puis à Louis-Lumière en prise de vues 35 mm. Il s’évertue à faire des clips vidéos à l’époque faste où il tourne pour Indochine et Peter Gabriel leurs clips en pellicule sur les quatre continents. Il fait ses débuts en qualité de chef électro d’abord car il considère que la base de notre travail, c’est la maîtrise de la lumière, et qu’une caméra capte ce qu’on lui donne à enregistrer. Il considère aussi que la caméra (l’outil) doit être maîtrisée et que la quintessence de cette utilisation reste la caméra épaule. Son travail notamment sur Le Repenti, de Merzak Allouache, en témoigne. Quand il a sa caméra sur les épaules il confesse devenir un peu comédien, un sentiment de liberté et de communion avec les acteurs. Je trouve aussi que son travail ne vient pas perturber le récit, au contraire toujours au service de la mise en scène. La simplicité est souvent payante, sur Vent divin, du même réalisateur, l’utilisation du noir et blanc vient gommer l’effet carte postale et pourtant elle polarise avec un contraste si beau la relation entre les protagonistes. Le fait de tourner sur des films indépendants a forger en lui une dextérité et une rapidité d’exécution, la plupart de ses films sont tournés en trois, voire deux semaines. Pas étonnant si ses références sont Nestor Almendros, Raoul Coutard et Bruno Nuytten. Cela ne les empêchera pas d’être sélectionnés à la Quinzaine de réalisateurs ou au TiFF. Ce garçon a du talent, c’est indéniable, et il a eu une progression au mérite grâce à des sacrifices qui n’ont d’égal que sa passion pour notre métier.
Je soumets à votre jugement, chers collègues, la possibilité de l’accueillir au sein de notre honorable association des chefs opérateurs.
L’engagement et l’envie de partager de Mohamed Tayeb Laggoune, par Nathalie Durand, AFC
J’ai rencontré Hamoudi lors d’un tournage de documentaire en Algérie. Il y a de ça quelques années. A l’époque, Hamoudi travaillait déjà comme chef op’ plutôt sur des courts métrages. Il devait alors commencer son premier tournage avec Merzak Allouache, Le Repenti. J’ai depuis suivi de loin en loin son travail. Sa filmographie est riche de films forts. Sa longue et fidèle collaboration avec Merzak Allouache lui a donné une assurance et un véritable savoir-faire. Ces films-là se sont faits avec des budgets restreints et à chaque fois grâce à l’énergie des équipes. C’est un cinéma engagé. A l’heure où nous tentons à l’AFC de réfléchir et d’interroger nos pratiques, il me semble salutaire de pouvoir échanger avec des directeurs de la photo comme Hamoudi. Sa volonté de nous rejoindre à l’AFC, correspond à une envie de partager avec des collègues et pouvoir retrouver un point d’appui pour exercer son talent à l’extérieur de l’Algérie. Aujourd’hui il ressent le besoin de s’impliquer dans l’AFC, je suis confiante dans l’engagement d’Hamoudi envers notre association. Bienvenue à lui !
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