Lucie Baudinaud, AFC, à l’honneur dans les pages du "Film français"

Dans son quotidien cannois N°6 du lundi 18 mai, l’hebdomadaire Le Film français s’est entretenu avec la directrice de la photographie Lucie Baudinaud, AFC, qui a photographié le film Dua, de Blerta Basholli, présenté à la 65e Semaine de la critique. Extraits de l’entretien...

Comment avez-vous rencontré Blerta Basholli, la réalisatrice de Dua ?
Elle est kosovare et son film s’est monté avec la France, la Suisse et le Kosovo. Blerta souhaitait travailler avec une femme mais le Kosovo n’est pas encore très paritaire pour la composition des équipes. Le choix d’une opératrice française s’est donc assez rapidement imposé. C’est le producteur de Kazak, Amaury Ovise, qui nous a présentées l’une à l’autre, car il connaissait mon travail avec Émilie Noblet et avait vu Olga. [...]

Techniquement, comment cela se concrétise sur le plateau ?
Aucune source n’est, par exemple, visible par les comédiens et comédiennes. J’ai notamment travaillé avec la lumière qui venait de l’extérieur ou via des éléments de décoration que la réalisatrice tenait de son enfance, comme un chandelier placé au milieu de la pièce, ce qui n’est pas des plus simple à contrôler. Et, dans l’appartement qui constitue l’un des principaux décors, j’ai fait remplacer quasiment toutes les portes par d’autres avec des vitres texturées pour qu’il y ait toujours une lumière à exploiter, mais qui ne soit pas forcément liée à un projecteur. [...]

La place des femmes au sein de l’AFC est-elle en train d’évoluer ?
Elle augmente depuis maintenant plus d’un an puisque nous appliquons la parité au niveau des admissions de nos nouveaux membres. Mais le métier ne peut à lui seul faire évoluer la façon dont on fait confiance aux femmes. J’ai eu la chance de travailler sur des œuvres à gros budget assez tôt dans ma carrière, comme le film de Vincent Perez, Une affaire d’honneur, ou la série "Les 7 vies de Léa" pour Netflix, mais inspirer confiance sur de telles productions n’est pas si simple. De plus, le moment où les fondations de nos carrières deviennent solides correspond généralement à celui de la concrétisation du désir d’enfants. Cela entraîne des temps d’arrêt qui peuvent être parfois difficiles à compenser par la suite. Ce n’est pas le cas pour nos collègues masculins. [...]

(Propos recueillis par Patrice Carré pour Le Film français)