A propos des "Silences de Johnny", documentaire de Pierre-William Glenn, AFC

par Pierre-William Glenn

Lorsqu’on interroge quelqu’un sur la carrière de Johnny Hallyday au cinéma, rares sont les personnes, même les fans, qui peuvent lister plus de cinq films sur les trente-quatre qu’il a interprétés. Et pourtant sa carrière d’acteur a commencé avant celle de chanteur, en 1954, dans Les Diaboliques, de Henry-Georges Clouzot. Il est même probable que Johnny ait découvert Elvis Presley et le Rock’n’roll en voyant Loving You (Amour frénétique) au cinéma à l’âge de 14 ans.
Johnny Hallyday sur le tournage de "Détective"

Des interviews de Michel Drucker, de Tony Frank, de Claude Lelouch, de Patrice Leconte, de Lætitia Masson, d’Eddy Mitchell, de Jean-François Stévenin, de Julie Glenn, de Dominique Besnehard, Patrice Gaulupeau, Philippe Grimbert, et la participation spécial de Jean-Luc Godard.

« Mon intention principale avec ce film est de montrer comment une idole dont les obsèques ont été une manifestation dont l’envergure était digne de l’enterrement de Victor Hugo a pu penser vivre la fiction du cinéma comme un endroit de liberté. Johnny a été jusqu’à me dire que le cinéma était son (seul) endroit de liberté. »

« Il peut paraître extravagant de vouloir attaquer l’énorme "capital symbolique" - expression de Pierre Bourdieu - sur les personnages historiques dont bénéficie le chanteur au détriment de l’acteur, il peut paraître vain de faire valoir les qualités de l’interprète ciné-génique, studieux et sérieux qu’il a toujours été et pourtant… C’est un devoir de mémoire, de respect et d’estime que d’essayer de rendre justice à une vocation contrariée et pathétique. On pense au Billy Elliot, de Stephen Daldry, qui aspire à être danseur quand son père autoritaire veut en faire un boxeur. Dans le cas de Johnny, le rôle du père autoritaire est tenu par le public. »

Ce film est construit comme une fiction qui donne la vie éternelle à son personnage central. Ainsi met-il en relation la mort physique de Johnny Hallyday et celle de ses mortes à l’écran, tout en utilisant sa voix pour commenter des séquences de tournage, le faire apparaître comme un fantôme hantant les lieux de culte qui lui ont été dédiés en utilisant des surimpressions de plans de ses films dans les belles expositions qui lui ont été consacrées à Paris et Angoulême en 2018. L’ambition esthétique est ici, à l’image, au son et au montage de donner l’illusion que Johnny n’est pas parti très loin, qu’il est même tout prêt, qu’il est toujours vivant et de faire partager ce sentiment.

Les Silences de Johnny, un film de Pierre-William Glenn
Une coproduction Les films du Phoenix - 504 Productions - Viviane Mikhalkov
Avec la participation de Ciné +