Camerimage 2020, Camerimage virtuel

Par Jean-Marie Dreujou, AFC

par Jean-Marie Dreujou La Lettre AFC n°314

À l’annonce de la fermeture des cinémas, dix jours avant le début du festival, la direction a décidé de maintenir Camerimage et d’organiser tous les événements en virtuel. Adieu la semaine à Toruń et la joie de retrouver les collègues venus du monde entier pour partager, du petit déjeuner à tard dans la nuit dans les vapeurs de vodka, notre passion du cinéma.

J’avais accepté de participer à un jury*, j’ai donc joué le jeu des "projections virtuelles". J’ai reçu les liens des douze films sélectionnés que j’ai regardés seul, devant mon ordinateur. Cette solitude m’a pesé, d’autant plus qu’il est d’usage, dans les festivals, que les membres du jury se réunissent tous les jours autour du déjeuner, pour discuter de chaque film.
Ces rendez-vous quotidiens m’ont beaucoup manqué. J’aurais aimé, comme à l’accoutumé, pouvoir échanger avec les directeurs de la photographie des films sélectionnés.

Le jury s’est réuni en visio-réunion à la fin du festival pour délibérer et décider du palmarès :
- Joshua James Richards, Grenouille d’or pour son travail sur Nomadland, de Chloé Zhao
- Rauno Ronkainen, FSC, Grenouille d’argent pour son travail sur Helene, d’Antti J. Jokinen
- Nicolaj Brüel, DFF, Grenouille de bronze, pour son travail sur Pinocchio, de Matteo Garrone.

L’année 2020 est l’année du "tout virtuel". L’Académie des Oscars a ouvert une "screening room" pour visionner les films de l’année, il est probable que l’Académie des César pratiquera de même. J’avoue avoir du mal à m’y faire et je me réjouis de la réouverture des salles de cinéma dans lesquelles je vais me précipiter dès le 16 décembre.

* Jean-Marie Dreujou était membre du jury de la Compétition principale. [NDLR]

En vignette de cet article et dans le portfolio, le fragment d’une réclame ancienne pour la marque de whisky Grant’s, à défaut d’une bouteille de vodka...