Où la directrice de la photographie Hélène Louvart, AFC, parle de son travail sur "Xenia", de Panos H. Koutras

par Hélène Louvart

Xenia, de Panos Koutras. Une rencontre avec Panos l’hiver dernier, un projet de film coproduit par la France, la Grèce et la Belgique. J’avais pu voir son précédent film Strella, et ce film avait été pour moi une forme de révélation, autant pour l’image, que pour ses partis pris et sa liberté d’expression. Le scénario de Xenia était totalement construit, précis, et Panos est un réalisateur qui cherche, travaille et finit par trouver ce qu’il aime.
Hélène Louvart et Panos Koutras sur le tournage de "Xenia"
DR

Nous avons donc énormément imaginé, cherché, travaillé ensemble, autant en amont du tournage, pendant le tournage et après, durant l’étalonnage. Pas de répit pour atteindre un niveau de cinéma comme Panos le conçoit, passant donc par d’intenses moments de collaborations sur les cadres, le découpage, les lumières. Panos est un " vrai travailleur " qui prépare beaucoup, afin de maîtriser ce qu’il souhaite pendant le tournage, et de pouvoir se laisser porter par des moments de grande sérénité.

Trois scènes importantes d’effets spéciaux " story-boardées ", des tournages sur fond vert, une nuit américaine – tournée en Raw pour cette occasion – sur une rivière avec une barque et des animaux le long de la rive rajoutés par la suite en postproduction. Une image colorée, pétillante, et qui sait se durcir dans le contraste en fonction de la gravité des moments tournés, à l’image d’un des deux frères, de 16 ans, albanais et homosexuel, entraînant son frère de deux ans son cadet, d’Athènes à Thessalonique, le convaincant de devenir la " future greek star " de la chanson, et à la recherche de leur " supposé père ", leader d’un parti d’extrême droite.
En tout cas, je peux dire que " le travail paye " car Panos a réussi à faire un film très " enlevé ", à la narration forte, avec des purs moments de cinéma !