Synthèse de la nouvelle étude d’Ecoprod "Environnement et Audiovisuel"

Par Stépnane Cami, AFC

par Stéphane Cami La Lettre AFC n°317

Ecoprod, qui regroupe des institutions telles que Film France, Audiens, le CNC, Film Paris Region, France TV, Pôle Media Grand Paris, la CST, TF1 et Canal+, a pour but de fédérer, développer, innover et former aux pratiques environnementales. Ce collectif a publié la synthèse d’une nouvelle étude (novembre 2020) qui dévoile la nécessité tant économique que réglementaire et climatique, pour le secteur audiovisuel – dont le cinéma –, de s’adapter aux enjeux liés à l’environnement.

Cette étude, qui s’intéresse aux enjeux climatiques et économiques, met en lumière, par des exemples chiffrés, le bilan de notre industrie en termes de pollution. Ce bilan nous aidera à une meilleure compréhension des impacts de notre activité sur l’environnement.
La France est engagée, par les accords de Paris, à une neutralité carbone d’ici 2050. Comme tous les secteurs, notre industrie doit répondre à cet impératif.
En 2018 pour la France, l’empreinte (de la production à la diffusion) de notre secteur en émission de GES (gaz à effet de serre) a été estimée à 314 825 tCO2 eq.
Notre secteur doit, d’ici 2030, diminuer ses émissions de GES de 26 %, cela aura un impact important sur nos pratiques.
La transition numérique, avec le passage de la TV hertzienne à la TNT puis au Streaming, a eu un impact très négatif sur les émissions de GES.
L’augmentation des données numériques, avec les transitions de la HD à l’UHD, du 2K à la 4K et bientôt à la 8K, a également un impact négatif, l’augmentation de la capacité des réseaux et du nombre de serveurs ayant un impact important en émission de GES. L’évolution des technologies et le remplacement des équipements (réseaux, serveurs, écrans TV, téléphones) sont également très polluants.

Ecoprod : comment, pourquoi ?
Ecoprod : comment, pourquoi ?

Cette étude présente également l’impact de différents types de tournages (long métrage, comédie, émission TV, film à gros budget) en tCO2. L’hébergement, les transports des techniciens et du matériel restent les activités les plus polluantes.

Aujourd’hui, certains grands diffuseurs en SVOD se sont fixés des objectifs climatiques qui s’imposent par contrecoup aux productions.
Si le secteur audiovisuel n’amorce pas une évolution de ses pratiques, la pression sur les ressources naturelles et la diminution nécessaire des émissions de GES vont fortement réduire son activité et l’entraîner vers une décroissance subie et non maîtrisée.

Nous devons, aujourd’hui, adopter de nouvelles pratiques pour diminuer la pollution liée à notre secteur sans quoi notre industrie risque d’être rapidement pénalisée.
Nous devons aussi réfléchir à une meilleure sobriété numérique et ne pas rater la transition écologique pour le futur.

  • Voir ci-dessous la synthèse de l’étude.