La plus grosse actualité du groupe est inévitablement l’Alexa 35 Xtreme, sorte de mi-chemin entre une nouvelle caméra et une grosse mise à jour, puisque toutes les fonctionnalités de l’Alexa 35 sont présentes dans la Xtreme, et que n’importe quelle caméra Alexa 35 peut-être reconfigurée en quelques heures dans les ateliers d’Arri pour intégrer les fonctionnalités Xtreme. Parmi celles-ci, la plus importante est l’augmentation des possibilités de tournage à haute vitesse, qui passent de 120 à 660 i/s.
Pour atteindre cette cadence, une autre nouveauté doit être activée : le Sensor Overdrive. En activant cette fonction, la caméra redémarre et le capteur augmente sa vitesse de lecture, et donc sa cadence maximale. En contrepartie, l’enregistrement n’est possible que dans le nouveau codec Arricore, et la dynamique de la caméra descend de 17 à 11 stops. L’ISO natif de la caméra passe alors de 800 à 3 200.
Sean Dooley en profite pour rappeler que la notion d’ISO natif définit la valeur d’ISO à laquelle la dynamique de la caméra est divisée équitablement au-dessus et en dessous de la valeur d’ISO affichée. « Si on fait une scène lumineuse, il faut augmenter les ISO. C’est contre-intuitif, mais c’est comme ça que ça marche ! », explique-t-il. Si cette perte de dynamique peut sembler effrayante, quelques images d’illustration et une démonstration de Florian Martin permettent de prouver que dans la plupart des situations, 11 diaphragmes de dynamique sont amplement suffisants pour capturer une scène. « Pour un étalonneur, c’est beaucoup plus facile de récupérer certaines informations dans les basses ou les hautes lumières que de faire matcher les images d’une caméra spécialisée dans la haute vitesse avec celle d’une caméra classique. C’est donc une grande simplification de notre travail que les Alexa 35 puissent désormais monter à 660 i/s et capturer elles-mêmes la plupart des plans à haute vitesse, permettant de faire toutes les images d’un projet dans le même workflow », explique Florian Martin.
L’Alexa 35 Xtreme s’accompagne donc d’une autre nouveauté, le codec Arricore. L’Arricore est un codec RGB intégrant un nouvel algorithme de compression. Plus léger qu’un RAW, il permet cependant d’en avoir la flexibilité, puisque l’ISO et la balance des blancs sont enregistrés en tant que metadata et peuvent être modifiés en postproduction. Son poids est légèrement inférieur à celui du ProRes 4444, tout en étant de meilleure qualité, et il ne nécessite pas de nouvelles cartes d’enregistrement.
Enfin, la présentation s’est terminée par l’introduction du plug-in Arri Film Lab, permettant de créer un look film, à l’étalonnage mais également dès le tournage, en s’intégrant aux futures mises à jour des caméras Arri, dès le début de l’année prochaine. Pour l’instant, le plug-in se concentre sur l’esthétique 35 mm, avec trois profils de grain : 50D, 100T et 500T. L’intensité peut être dosée grâce à un curseur, mais à 100 % l’effet est très prononcé. « Ce n’est pas forcément lié à un modèle particulier de pellicule, c’est un plug-in que nous avons créé à partir d’études objectives, des chartes de couleur, un matching point par point d’une centaine de couleurs, puis nous avons affiné en ajoutant un aspect subjectif, afin d’aboutir à quelque chose qui soit le plus authentique possible », explique Florian Martin. Le plug-in intègre également un outil de halation, qui imite les aberrations chromatiques de la pellicule sur les zones de haute lumière, et un menu "color", permettant de choisir différents modes de développement. « Nous avons limité les possibilités, nous préférons avoir peu de choix mais qui fonctionnent tous parfaitement, plutôt que de multiplier des propositions mal développées. Et nous tenions à proposer quelque chose qui soit très simple à utiliser », continue Florian Martin. L’outil est développé dans un espace couleur ACES 2.0, et toutes les options sont conçues pour un stricte maintient de l’exposition. Enfin, il propose un outil de "gate weave", qui, lui, ne sera disponible que pour les versions pour logiciel d’étalonnage, qui propose un petit tremblement de l’image. L’outil est disponible pour 24 $ par mois, et intégrera bientôt de nouvelles options en cours de développement, comme des formats alternatifs au 35 mm. « Et si vous avez besoin de quelques chose en particulier pour votre prochain projet, prenez contact avec nous et nous essayerons de le développer pour les prochaines mises à jour ! », concluent les deux intervenants.
(Compte rendu rédigé par Margot Cavret pour l’AFC)
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