Raconter en images l’histoire d’"Eleanor the Great", de Scarlett Johansson

Par Hélène Louvart, AFC

par Hélène Louvart - 

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Ce film est ma première collaboration avec Scarlett Johansson, qui réalisait son premier long métrage. Nous nous sommes rencontrées avec des discussions très instructives autour du scénario, de ses intentions, de la manière envisagée pour filmer, et surtout de l’organisation du tournage. Les acteurs devaient pouvoir ressentir une certaine liberté, il fallait éviter de se diriger vers un plateau trop lourd techniquement parlant. L’actrice principale, June Squibb, avait 94 ans, c’était donc à nous de s’adapter à elle, plutôt que l’inverse, dans la mesure du possible…

L’idée a été dès le début de raconter au mieux, le plus simplement possible, avec un rythme calme mais affirmé, cette histoire très touchante, très humaine, autour d’Eleanor, la perte de son amie, sa décision de commencer une nouvelle vie, sa solitude, sa relation avec sa propre fille, et de filmer l’amitié a priori improbable avec cette jeune fille de 19 ans, dans cette ville en hiver. L’idée était aussi de rendre New York plus personnelle, une ville où ses habitants peuvent avoir une vie intime et quotidienne comme partout ailleurs. L’image est simple, basée sur une lumière chaleureuse, avec un rendu naturel qui accompagne et qui met en valeur le jeu de tous les acteurs.

Nous avons extrêmement bien préparé chaque journée de tournage. Nous avons réfléchi à la mise en place in situ dans les lieux pour chaque scène, en utilisant l’application Artemis (photos et vidéos), puis nous avons traduit nos idées de plans en découpage et plans au sol.

Il me restait parallèlement à trouver la bonne équipe, qui puisse s’adapter à nos intentions de départ et qui puissent nous suivre dans l’atmosphère que nous voulions ressentir sur le plateau. Cela a été l’occasion pour moi de mélanger des personnes que je connaissais déjà, comme Lyon Taylor, le chef électricien, et de choisir l’équipe complète de la caméra et la machinerie, en rencontrant chaque membre, un par un, lors de la préparation. Cette expérience a été super.

Exceptionnellement, je n’ai pas cadré moi-même mais j’ai rencontré Korey Robinson, qui s’est révélé être mon "alter-ego" dans les cadrages. Nous avons fréquemment tourné à deux caméras pour des scènes plus compliquées. Cette nouvelle position, pour moi, m’a permis d’avoir une vision plus large du plateau, autour des scènes à tourner, du rythme à donner aux plans, afin d’accompagner au mieux l’histoire, comprendre si nous pouvions nous améliorer lors de la prise suivante, et surtout savoir regarder et ressentir ce que les acteurs venaient de nous donner. J’ai énormément appris sur la direction des acteurs dirigés par Scarlett. Je l’ai observée, comment elle savait leur parler, comment elle savait les amener vers ses propres intentions.

Scarlett a apporté aussi sur le tournage une énergie positive, un plaisir, une passion pour son travail et une détermination. Tout ceci se ressent dans notre manière de filmer et de voir les choses. Cela faisait parti des nombreux points communs évidents que nous avons partagés ensemble.