"Bicentenaire de la naissance de la photographie", une après-midi d’étude

Contre-Champ AFC n°378

Pour sa conférence du mois de mai 2026, le Conservatoire des techniques cinématographiques de la Cinémathèque française, animé par Laurent Mannoni, directeur scientifique du patrimoine, propose, avec diverses interventions, une première approche de la célébration du bicentenaire de la photographie, deux cents ans après que Nicéphore Niépce eut inventé le procédé en 1826.

La date de 1826 a été choisie pour commémorer l’invention de la photographie par le Français Nicéphore Niépce, chimiste amateur, qui a en fait obtenu dès 1816 un premier négatif sur papier sensibilisé au chlorure d’argent. Jusqu’en 1833, Niépce perfectionne son procédé en utilisant notamment le bitume de Judée, cet "excrément du diable" avec lequel il réalise des "points de vue". Entre 1826 et 1827, il parvient, près de Chalon-sur-Saône, à obtenir la première image photographique fixée durablement sur une surface photosensible. Son invention, reprise et toujours renouvelée, a révolutionné les représentations de notre monde. À la fin du XIXe siècle, quelques chercheurs – Muybridge, Marey, Lumière, etc. – mettent au point des appareils de "photographie animée" capables d’enregistrer des milliers de clichés successifs. Le "directeur de la photographie" joue désormais un rôle essentiel dans la fabrication du film. Et aujourd’hui toutes les cinémathèques conservent des milliers de photos relatives à des films. Historiens, conservateurs, praticiens viendront parler de ces sujets, exemples à l’appui.

"Un clair de Lune", gravure de Georges Maile d'après un dessin de Daguerre, rendue translucide par Nicéphore Niépce pour son procédé "héliographique", 1827 - Collection Cinémathèque française / Photo Stéphane Dabrowski.
"Un clair de Lune", gravure de Georges Maile d’après un dessin de Daguerre, rendue translucide par Nicéphore Niépce pour son procédé "héliographique", 1827
Collection Cinémathèque française / Photo Stéphane Dabrowski.

Au programme
- 14h30 – Introduction de l’après-midi d’étude par Laurent Mannoni (directeur scientifique du patrimoine à la Cinémathèque française)
- 14h45 – Les "merveilles"de la chambre noire par Donata Pesenti Campagnoni, conservatrice du Museo nazionale del cinema de Turin
Connue depuis l’Antiquité et utilisée pour observer les éclipses, la chambre noire deviendra bientôt un instrument permettant de reproduire des images, voire des séquences d’images animées. Elle sera adoptée par les peintres et les voyageurs, et grâce aux progrès de la chimie, ses images deviendront permanentes.
- 15h30 – "Niépce et Daguerre" par André Gunthert, historien de l’art à l’Ecole des hautes études en sciences sociales
- 16h15 – "Les Lumière, industriels de la photographie" par Marc Durand, arrière-petit-neveu d’Auguste et Louis Lumière, auteur de De l’image fixe à l’image animée : 1820-1910 (2 volumes)
- 17h – "La Photostéréosynthèse Lumière" par Pascal Martin, professeur des universités, à l’École nationale supérieure Louis-Lumière
- 17h45 – Conclusion par Dominique de Font-Réaulx, conservatrice générale au musée du Louvre, présidente du comité scientifique du Bicentenaire de la Photographie.

Vendredi 22 mai 2026, de 14h30 à 18h
Salle Georges Franju
Cinémathèque française
51, rue de Bercy - Paris 12e

Prochainement
Vendredi 5 juin à 17h : "Marilyn Monroe et le CinemaScope", conférence de Kira Kitsopanidou