Pour le plaisir

Dominique Deruddere, nom peu connu du public français. Belge du côté flamand, ce metteur en scène d’une quarantaine d’années a déjà fait cinq films à travers le monde (USA, Angleterre, France, Belgique) dont un fut nommé au titre de meilleur film étranger aux Oscars. Ce petit homme-là a l’énergie qui fait les grands metteurs en scène. De contact facile, il semble ménager tout le monde et pourtant il ne cède sur rien.

Avec ce type de réalisateur, il n’existe pas de petits plans, le film se tourne monté, il n’y a pas d’atermoiements, pas d’hésitations, pas de plans " pour voir ". Exigence et précision.

Pour le plaisir fut un tournage idyllique, sans conflit, sans pression, avec le temps de faire les choses en leur temps et de les faire avec bonheur. Le visuel est au service d’un scénario atypique écrit par Guy Zilberstein, il colle au script mais sans circonvolutions inutiles, les plans sont simples, justes dans le temps, l’intention et l’exécution. Et s’il y a création à tout instant, elle se fait sans douleur, ni cris ni chuchotements.

La production Fildebroc, animée par Michelle de Broca, fait elle aussi preuve d’une belle énergie pour arriver aux fins du film et donne les moyens nécessaires pour y parvenir, tandis qu’une régie efficace et discrète veille au confort de chacun. Idyllique vous dis-je.
Les acteurs, à l’aise dans leur cocon se donnent à fond et jouent le même jeu que celui du scénario et il y a là de jolis numéros de Samuel Le Bihan, François Berléand, Lorant Deutsch et Olivier Gourmet.

Comment faire alors autre chose qu’une lumière simple et limpide. On tourne traditionnel, Fuji 64D, 250 et 500 traitée normalement. Les sources de lumière viennent de là où on les attend, fenêtres, portes et lumières " praticables ". L’ambiance est chaude, le soleil se couche longtemps, sauf dans le cabinet du psychanalyste dont les avis sont glaçants.

Lorant Deutsch, Samuel Le Bihan, François Berléand et Nadia Farès
Lorant Deutsch, Samuel Le Bihan, François Berléand et Nadia Farès

L’équipe belge est efficace (magnifique matériel de Benoît Theunissen), l’action se passe à la frontière belge, on ne peut donc pas parler de cette délocalisation qui tantôt nous fait du tort, tantôt nous arrange, nous, gens de l’image. Avec moi, j’ai importé Nicolas Pernot, fidèle premier assistant caméra et je ne l’ai pas regretté.

Bref, nous avons tourné huit semaines, pas un jour de plus pas un jour de moins et je vous souhaite tout le plaisir à voir Pour le plaisir que j’ai eu à le tourner.

Équipe

1er assistant opérateur : Nicolas Pernot

Technique

Pellicule : Fuji 64D, 250 et 500
Matériel caméra : CinéCam, MovieCam Compact, série Cooke
Laboratoire : Eclair, étalonneur Jean Durand